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4 juillet 2005 1 04 /07 /juillet /2005 11:40

Employé au Musée des Beaux-Arts de Quimper, l'auteur de « Ville Bleue et beaux dégâts » situe naturellement ses romans à Concarneau, la ville qui l'a vu naître voici 41 ans.

« Dans un roman policier, on peut soi-même imaginer différentes histoires et différentes fins, alors pourquoi ne pas les coucher sur papier ? » C'est à force de lire Frédéric Dard (San Antonio) que Stéphane Jaffrézic s'est décidé à prendre la plume. Il y a trois ans paraît « Toiles de fond à Concarneau », dont le point de départ est la bagarre qui opposa des artistes peintres, dont Paul Gauguin, à des marins, le 25 mai 1894. L'enquête démarre quand le corps de l'un des marins est découvert à mi-chemin entre Pont-Aven et Concarneau. Pour faire avancer son enquête, le maréchal des logis Clet Moreau s'appuie sur les témoignages des peintres Théophile Deyrolle et Alfred Guillou.

Puis l'année dernière, Stéphane Jaffrézic sort « Chili-Concarneau ». Là, le cadavre d'un homme est retrouvé dans le port, mais ce n'est pas une noyade... En avril enfin, les éditions Alain Bargain lui font à nouveau confiance pour publier « Ville Bleue et beaux dégâts », roman d'espionnage, qui met en scène les relations tendues entre marins bretons et espagnols. L'auteur, « touché par ces agressions multiples », a commencé l'écriture de cette histoire voici une quinzaine d'années. A l'époque, il exerçait un autre métier, à la criée de Concarneau. « J'essaie toujours de me demander ce que pensera le lecteur en lisant ce que j'écris, confie Stéphane Jaffrézic. Le secret, c'est le liant, il faut le surprendre, et rendre les situations vivantes. J'ai l'impression qu'on accroche mieux à l'histoire quand on se balade dans des lieux qu'on connaît ou qu'on veut connaître. Mais il ne faut pas croire que ça donne à ces endroits, ces villes, ces ports, une mauvaise image ! » Toutefois, n'est-il pas prudent, dans certaines circonstances, de rester dans le flou, quand on imagine des situations, des lieux, des personnages ? (et éviter que des habitants se reconnaissent). Stéphane Jaffrézic confesse ouvrir simplement l'annuaire ou le programme TV, pour y piocher des noms et des prénoms au hasard.

Quand l'information manque, l'auteur n'hésite pas à pousser la porte du poste de police, pour les corrections avec le commandant Vincent Martin. Les deux hommes ont entamé leur collaboration voici deux ans. « J'avais imaginé une perquisition accompagnée d'un serrurier, pour Chili-Concarneau. Or, il fallait au moins deux personnes, selon la loi. Dans la réalité, le jugement aurait pu être annulé ! » sourit Stéphane Jaffrézic. Cette démarche visant à collecter le maximum d'informations est appréciée par le policier concarnois, à l'aise dans son rôle de « conseiller technique ». De l'avis de Vincent Martin, Stéphane Jaffrézic est « très attaché à la crédibilité de ses romans par rapport à la réalité policière, contrairement à bon nombre d'auteurs qui sont à mille lieues de ce quotidien ». Résultat, selon lui, de bonnes histoires avec « un flic honnête et consciencieux, ni lâche ni héros, qui se comporte comme tout un chacun ». Cette minutie conduit souvent, dit le chef de la circonscription de police de Concarneau, « à proposer des modifications de scénario dans un but de simplification pour le lecteur ». Ainsi, c'est lui qui a soufflé l'idée d’un trafic de caviar ou de cassettes pédophiles pour un prochain roman.

Cette exigence du détail a aussi séduit les éditions Alain Bargain. « Stéphane sait tenir en alerte le lecteur, son écriture est facile et dynamique, et sa très bonne connaissance de Concarneau et des environs lui permet de ne pas trahir les lieux et les comportements locaux, ce qui donne une vraie sincérité à ses livres » se félicite Carl Bargain, co-responsable, avec son père, de la maison. A ce propos, Stéphane Jaffrézic se souvient de la première rencontre avec l'éditeur : « Je suis allé remettre le tapuscrit – texte dactylographié – à Alain Bargain. Le fait qu'il soit à l'initiative de la Route des Peintres en Cornouaille, donc sensible à ma première histoire avec Gauguin et ses amis, cela a aussi pu pencher en ma faveur ».

Avant la parution de chaque nouveau bouquin, les navettes entre l'auteur et l'éditeur se multiplient, le plus souvent par téléphone, chacun argumentant sur le besoin de changer ou non telle ou telle expression, ou de choisir tel ou tel titre. « La maison d'édition, c'est comme un club » note Firmin Le Bourhis, dont le dernier polar, « Peinture brûlante à Pontivy » (chez Bargain également), est chez les libraires depuis début juillet. « Nous avons chacun un métier différent à côté de l'écriture, cette expérience est utile pour tous les auteurs » dit-il. Pour son prochain roman, à sortir à la fin de l'année et dont l'enquête se déroule à Brest, Firmin Le Bourhis s'est ainsi appuyé sur les conseils de Stéphane Jaffrézic pour obtenir des informations sur le peintre Fernand Piet. Il faut noter que les deux auteurs n'ont pas la même approche pour construire leurs histoires. Firmin Le Bourhis se base sur des faits réels, des meurtres, des disparitions qui se sont produits dans d'autres régions, et les cuisine à la sauce bretonne.

Avec une trentaine d'auteurs au catalogue, dans deux collections (« Enquêtes et suspense », et « Pol'art »), les éditions Alain Bargain ont franchi, l'an dernier, le cap des 100 000 exemplaires écoulés, avec une croissance annuelle de 15 %. Pour Carl Bargain, « le roman policier régional est un genre vraiment installé aujourd'hui, bien loin du phénomène de mode ».

L’employé du Musée des Beaux-Arts de Quimper a vendu 5 000 exemplaires de « Toiles de fond à Concarneau », et plus de 4 000 lecteurs ont été séduits par « Chili-Concarneau ». 4 000 exemplaires ont aussi été tirés de « Ville Bleue et beaux dégâts », mais le chiffre des ventes n'est pas encore officiel, car le roman est paru seulement au printemps.

Stéphane Jaffrézic a plusieurs projets dans ses tiroirs : d'abord une enquête qui sera menée sur une seule journée, dans le Finistère, et une autre qui pourrait se dérouler dans la capitale du bout du monde. « Ca s'appellera peut-être Quimper la Ravissante, on verra bien » glisse-t-il, plus motivé par sa capacité à écrire des histoires que par l'appât du gain et la notoriété. « Bien sûr, voir ses enquêtes adaptées à la télévision, c'est une forme de consécration, mais il ne faut pas rêver. Aujourd'hui, les chaînes ont toutes des auteurs qui créent les personnages et donc les histoires » remarque Stéphane Jaffrézic.

Peut-on qualifier cet auteur de nouveau maître du suspens ? Les lecteurs sont seuls juges, ceux-là même qui déambuleront dans les allées du Festival du Polar de Concarneau (du 22 au 24 juillet). « C'est toujours agréable de les voir repartir avec des romans sous le bras, c'est une belle récompense » se félicite Stéphane Jaffrézic.

 

Christophe Pluchon

 

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2 juillet 2005 6 02 /07 /juillet /2005 20:21

Ceux qui croient leur ordinateur bien protégé grâce à son antivirus ont du mouron à se faire ! Aucun système d'exploitation n'est véritablement à l'abri du phénomène « spyware », même si Windows, véritable passoire, détient aujourd'hui la palme par rapport à Macintosh ou à Linux. C'est un peu normal, puisqu'il s'agit de la plateforme la plus utilisée dans le monde, et donc la plus vulnérable aux attaques. Selon une étude menée par EarthLink, et publiée en avril, neuf ordinateurs sur dix hébergeraient au moins un spyware. Les logiciels espions, souvent installés à votre insu avec d'autres programmes, souvent gratuits (freewares ou sharewares, à ne pas confondre avec les logiciels libres), collectent et transmettent des informations à des sites publicitaires, sur vos habitudes de navigation sur Internet. Conséquence : vous devenez une cible privilégiée pour ces tiers qui peuvent ainsi mieux cibler leurs messages. Les utilisateurs de Kazaa, par exemple (hors version Lite), vont être déçus. Leur logiciel de peer-to-peer favori est un extraordinaire nid à mouchards.

Ces incursions dans la vie privée sont lourdes de conséquences, puisque le programme espion peut ainsi divulguer vos mots de passe, vos numéros de carte bleue, appeler automatiquement vers des numéros surtaxés, enregistrer vos frappes au clavier, changer la page d'accueil de votre navigateur, se lancer au démarrage de l'ordinateur pour afficher des publicités même quand vous n'êtes pas connecté à Internet, désactiver le pare-feu... Les spywares ralentissent aussi le système d'exploitation et parfois l'empêchent de fonctionner, à l'image de certains virus.

Les parades contre ce fléau sont nombreuses et le plus souvent gratuites. Le premier conseil est pour les détenteurs de PC, vendus avec Windows. Microsoft s'est engagé à tout faire pour supprimer le phénomène (il a racheté au début de l'année la société de sécurité informatique Giant Company Software). Néanmoins, son navigateur intégré, Internet Explorer, est, de l'avis de nombreux experts et d'internautes, bien moins sécurisé que Firefox (issu du monde du libre). Pour vous protéger, il vous est aussi conseillé d'installer un pare-feu (tel Zone Alarm, gratuit), pour limiter les connexions entrantes et sortantes, d'augmenter le niveau de confidentialité (cookies), de vider souvent le cache du disque dur, d'effacer le contenu de la barre d'adresses... et enfin, d'installer un ou plusieurs logiciels anti-spywares, qui pourront travailler ensemble pour plus d'efficacité. Deux d'entre eux, gratuits (et sans espions !) font un boulot remarquable en fouillant votre disque dur, à votre demande, pour effacer les programmes malveillants : il s'agit Ad-Aware et de Spybot Search and Destroy. Payant (40 euros), Pest Patrol a un champ d'action plus étendu, en empêchant au préalable leur installation. Vous pouvez tester le logiciel en scannant, en ligne, votre ordinateur. Comme les anti-virus, les anti-spywares doivent être mis à jour très régulièrement.


Liens :

Firefox : http://frenchmozilla.sourceforge.net/firefox/

Zone Alarm : http://fr.zonelabs.com/download/znalmZAAV.html

Ad Aware : http://www.lavasoftusa.com/

Spy Bot Search and Destroy : http://www.safer-networking.org/fr/index.html

Pest Patrol : http://www.pestpatrol.com/Products/PestPatrolHE/

Microsoft : http://www.microsoft.com/france/securite/gpublic/spyware/default.mspx


Pratique :

http://www.pcastuces.com/pratique/securite/espion/page1.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_espion



Christophe Pluchon

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19 juin 2005 7 19 /06 /juin /2005 11:49

Originaire de Plouvien, très sensible à la cause des langues minoritaires, cette jeune comédienne de la compagnie franco-chilienne La Obra intervient dans les collèges et lycées pour créer avec les élèves, des pièces de théâtre en breton. Le 18 mai, elle décrochait le 1er Prix de l'Avenir de la Langue Bretonne, dans la catégorie « particuliers » (décerné par le Conseil Régional et l'Office de la Langue Bretonne).

Photo-010.jpg

Pourquoi avez-vous pris fait et cause pour la langue bretonne ?


Céline Soun : ma mère avait envie que j'apprenne le breton. Elle a parlé la langue durant toute son enfance. Je pense qu'elle a voulu me le transmettre sans passer par quelque chose de très officiel, sans doute car le breton était mal vu. Comme elle ne savait pas trop comment, elle a contacté Soeur Anna-Vari Arzur à Plouvien. Au départ, elle venait à la maison. Ensuite, elle a fondé Skolig-al-Louarn, et j'y ai suivi des cours, tous les samedis, de mes 6 ans à mes 12 ans. J'étais contente de faire du breton, ça me paraissait absolument normal parce que j'entendais parler breton tout le temps, j'avais envie de comprendre les adultes.


Que vous a apporté Skolig-al-Louarn ?


Céline Soun : ce qui était très positif, c'est qu'on approchait la langue par le jeu, par la chanson, c'était très ludique, ça a créé un lien affectif. Au collège, à Plabennec, j'ai arrêté pendant deux ans, et j'ai repris en 4è-3è. Mais nous n'étions que deux à apprendre le breton, on éprouvait même une certaine honte d'aller en cours, c'était démotivant, car c'est un âge où l'on a besoin d'être comme les autres ! Pourtant, c'est une partie de notre personnalité, de notre civilisation, c'est comme demander à quoi sert l'histoire-géo ou les mathématiques ! Le breton a une valeur émotive, il est très présent dans les noms de lieux par exemple.


En 1998, vous êtes allée au Chili, pendant l'été, pour servir dans un centre de réhabilitation pour des jeunes en difficulté. Vous étiez passionnée par l'Amérique Latine. A partir de là, vous dites que vous êtes devenue bretonne, que vous avez découvert votre propre culture. Pourquoi ?


Céline Soun : quand on est loin de chez soi, on se rattache à une identité sans s'en rendre compte. En revenant du Chili, j'ai eu envie de visiter la Bretagne, de réapprendre la langue de façon plus soutenue. La découverte d'une autre culture, d'autres façons de voir le monde, fut une expérience très forte, c'était à Concepcion, au sud de Santiago. Je suis partie avec l'association ONG Proyecta. Je suis retournée pendant quatre ans là-bas, pour travailler avec La Obra, une troupe que l'on a depuis, transformé en compagnie théâtrale franco-chilienne. Et quand je suis arrivé là-bas, j'ai pris une claque ! J'ai découvert une vie d'une grande simplicité, ainsi que le travail en communauté. Je me suis rendu compte que j'avais énormément de choses à apprendre, et finalement peu à apporter, ou alors en tant qu'être humain, un autre regard sur l'Europe et sur le Chili aussi.


La troupe La Obra, où vous êtes maintenant comédienne, a été créée par des chiliens. Ensemble, vous avez travaillé lors d'un premier projet sur la lutte des indigènes mapuches qui, comme les bretons, se battent pour défendre leur identité.


Céline Soun : les bretons ont rejeté leur langue, par honte, au profit d'une culture soi-disant plus moderne. C'est ce que vivent les mapuches en ce moment, mais ils sont tellement pauvres qu'ils se battent d'abord pour récupérer leurs terres et pouvoir vivre plus dignement. Du coup, la partie culturelle et donc linguistique se perd très sérieusement. Par exemple, une fois par an, se déroule une manifestation qui s'appelle Nguillatun, c'est un rite que les mapuches réalisent en honneur à la terre pour favoriser les cultures pour l'année à venir. Il se fait traditionnellement dans leur langue, le mapudungun. Le problème, c'est que les enfants ne le parlent plus, et les grands-parents non plus avec eux, parce qu'ils considèrent que c'est une contrainte pour leurs petits-enfants, et qu'il vaut mieux qu'ils s'expriment correctement en espagnol. Les mapuches sont un million au Chili, c'est la communauté indigène la plus importante. Alors qu'en Bretagne, l'identité est d'abord dans les gens, moins dans un espace, chez les mapuches, elle est dans la terre.


Avec La Obra, il y a deux ans, vous avez monté une pièce de théâtre, « les racines du silence », en quatre langues : espagnol, français, breton et mapudungun. Quelle en est l'histoire ?


Céline Soun : elle traite des rapports entre les cultures mapuche et bretonne, et du lien entre l'homme, sa terre et sa langue. Le texte a été écrit par l'un des acteurs de la troupe, Luis Barrales. Il est parti de l'histoire de deux enfants, l'un breton, l'autre mapuche. Ils grandissent de manière semblable par rapport à la langue et à la culture. Chacun des enfants est puni à l'école parce qu'il ne parle pas bien l'espagnol ou le français. Il ne comprend pas pourquoi on le gronde. Ensuite, c'est le rejet, la honte de sa propre culture, l'incompréhension. Puis, après avoir renié sa culture, l'enfant devenu adulte s'engage pour la défendre ou l'oublie tout à fait. En fait, le but de la compagnie La Obra, c'est de lier l'Amérique Latine et l'Europe, par des échanges, de travailler pour le développement social de l'Amérique Latine, et de permettre aux individus de s'épanouir, grâce au théâtre. La troupe est composée de chiliens et de français.


Au Chili, comment les différentes communautés ont-elles perçu le spectacle ?


Céline Soun : nous avons vécu un mois à Tirua, dans une communauté mapuche afin de découvrir leur rapport au monde, leurs aspirations et leur lutte pour la récupération des terres spoliées. Par la suite, nous avons présenté le spectacle dans plusieurs communautés, au sud du Chili. A Tirua, le fait de revenir avec le spectacle a provoqué un changement radical dans la relation : la première fois, le but était simplement d'observer et découvrir la culture, et nous avions provoqué la méfiance des membres de la communauté. Ils pensaient que nous étions journalistes et que nous allions gagner de l'argent sur leur dos. Quand nous leur avons montré que, par un acte théâtral, nous pouvions aussi soutenir leur action, ils se sont senti entendus et compris et nous ont totalement admis parmi les leurs.


Et en Bretagne ?


Céline Soun : certaines personnes ont pleuré : le regard chilien sur la perte de la langue bretonne a peut-être permis d'accepter cette partie de nous que nous avons caché, par honte...


Vous enseignez aussi le théâtre en langue bretonne.


Céline Soun : j'interviens pour l'association Dihun dans les collèges et lycées privés bretons. J'ai travaillé cette année à Ste-Anne d'Auray, à Vannes, dans les collèges St François à Lesneven et St Antoine à Lannilis. Dans le cadre d'ateliers, je fais des initiations et je monte des spectacles avec les jeunes, pour provoquer des liens entre la culture bretonne et d'autres cultures. Nous avons beaucoup travaillé sur des textes de chiliens. Avec les élèves de Lannilis, la pièce traitait du Maroc et de l'immigration. L'intérêt aussi, était de faire réfléchir les jeunes sur des thèmes comme les Droits de l'Enfant, le racisme, l'injustice sociale, etc. C'est essentiel de connaître son voisin pour l'apprécier, on rompt des préjugés et on s'enrichit.


Des projets pour l'année prochaine ?


Céline Soun : poursuivre les ateliers scolaires en langue bretonne et préparer le départ au Guatemala de la compagnie La Obra dès juin 2006. J'accompagnerai également les actuels élèves bretonnants de 3è de Ste Anne-d'Auray dans la préparation de leur projet "Bretagne et Guatemala" répartis sur les trois années de lycée. Leur idée est de rejoindre la Cie La Obra au Guatemala pour trois semaines d'immersion breton-espagnol-langues mayas en avril 2007, afin d'y présenter leur nouveau spectacle, de créer des échanges avec de jeunes mayas, et de débattre du théâtre et des langues minorisées. Au Guatemala, on compte 22 langues différentes.


Christophe Pluchon

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2 juin 2005 4 02 /06 /juin /2005 20:34

L'an dernier, les ventes d'appareils numériques ont encore explosé : rien qu'en France, il s'en est vendu 4 170 000, soit 56 % de plus qu'en 2003 ! Si, comme l'analyse le Sipec, « les français sont passionnés de photo », ils délaissent par la même occasion le matériel argentique pourtant proposé à des tarifs très intéressants (« seulement » 450 000 compacts et boîtiers reflex ont été vendus en 2004). On aurait pu penser que la part grandissante du numérique aurait mis à mal le marché des scanners, incontournables pour transformer les bons vieux négatifs en pixels. Il n'en est rien puisque les fabricants rivalisent d'ingéniosité pour offrir du matériel de plus en plus performant, et surtout utile : les accros de la pellicule et du tirage papier qui veulent redonner vie à d'anciens documents passés avec le temps (en diapositive, négatif 24x36, ou moyen et grand-format), ceux qui estiment que la technologie des appareils numériques n'est pas suffisamment mûre, ou que le prix des reflex est encore trop élevé (à partir de 800 euros) sont naturellement séduits. Ces amateurs éclairés savent certainement aussi que le meilleur des appareils numériques est toujours incapable de rivaliser, en terme d'informations captées, avec la pellicule. Avec des résolutions de 4 800 voire 5 200 dpi, les scanners s'en sortent très bien pour réaliser des tirages géants à partir d'un film, à condition néanmoins de disposer d'une Dmax suffisante, au moins 3,4 (c'est la capacité à restituer les détails dans les ombres).

Il convient de distinguer deux types de matériel : le scanner-film, spécialement conçu pour numériser des négatifs et des diapositives, et le scanner mixte, d'ergonomie comparable au scanner à plat de bureau, et capable de résultats honorables qui satisferont pleinement l'amateur, mais laisseront sans doute l'expert sur sa faim.

Deux marques sortent particulièrement du lot sur le marché des scanners-film 24x36, en raison de leur exceptionnel qualité-prix. Nikon, tout d'abord, s'est fait une réputation grâce à la série des Coolscan. Le modèle V est doté d'une résolution de 4 000 dpi et d'une Dmax de 4,2. Livré avec Photoshop Elements 2, comme beaucoup de ses concurrents d'ailleurs, il dispose aussi de la fonction anti-poussière ICE. Le Nikon Coolscan V est vendu à 850 euros. Et puis, avec une résolution de 3 200 dpi, suffisante dans la plupart des cas, Konica-Minolta et son Dimage Scan Dual IV propose un matériel plus démocratique, mais dépourvu de l'anti-poussière. Ses points forts sont certainement la Dmax record de 4,6, et le prix : 500 euros.

Epson, en revanche, semble plus à l'aise sur le terrain des scanners mixtes. La marque a commercialisé voici quelques semaines, le Perfection 4990. D'une résolution optique de 4 800 dpi et d'une Dmax de 4, il concurrence le Dimage Scan Dual IV au niveau du prix, ICE et polyvalence en plus. Pour les plus petits budgets, Epson a sorti le Perfection 4180, dépourvu de l'anti-poussière mais doté de la même résolution optique que son aîné. Prix : 269 euros. Le Canon Canonscan 8400F (3 200 dpi, Dmax 3,3 pour un prix de 260 euros) doit aussi être regardé de près.


Liens :

www.sipec.org (Syndicat des Entreprises de Commerce International de Matériels Photo et Cinéma-vidéo)

www.epson.fr

www.konicaminolta.fr

www.nikon.fr

www.canon.fr

Tests de matériel : www.galerie-photo.com



Christophe Pluchon

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29 août 2004 7 29 /08 /août /2004 20:47

La passion ne le quitte pas depuis 25 ans : ce postier de Bourg-Blanc, aujourd'hui à la retraite, possède une collection à faire pâlir d'envie tous les photographes de la région ! Du Voigtlander « Brillant » au mythique Rolleiflex en passant par les Foca, et en attendant l'ouverture d'un musée de la photo dans la commune, plusieurs marques trônent dans la vitrine de Monsieur, au salon.

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« Ma femme a mis du temps à accepter ! », avoue celui qui est aussi fondateur et responsable du club-photo. Quand nous l'avons rencontré, fin août, Yves Simon venait de recevoir un nouvel appareil, un Olympus Pen T de 1966. Il s'agissait d'un don fait par une dame rencontrée il y a deux ans lors d'une fête bretonne à Brélès. Et des dons, il y en a eu beaucoup puisqu'ils constituent 90% de la collection ! Yves Simon se refuse du coup à parler d'argent à propos de pièces qu'il n'a pas toutes achetées. La plupart des appareils fonctionnent à condition de trouver le plan-film ou la pellicule adéquats.

Celui qui chouchoute aussi près de 250 modèles de caméras reste modeste : « 2 618 appareils, exactement, c'est beaucoup, et pourtant peu, par rapport aux 47 000 références fabriquées jusqu'en 1985 ». Yves Simon a chopé le virus à Fontenay-aux-Roses en région parisienne. En 1979, une femme lui demande de reproduire une photo de ses parents décédés. Elle lui donne trois appareils pour le remercier. Le facteur alerte alors ses copains et commence à en récupérer d'autres.

Ses plus belles pièces, comme ce Leica 1A qui porte le numéro 24500, le collectionneur le protège dans une valise, tout comme ses Minox, « appareils de l'espion » qui tiennent dans le creux de la main. Et puis il possède une chambre de studio professionnelle de format 18x24, en acajou, dont il n'est pas peu fier. « A cause d'elle, je n'ai pas dormi pendant onze nuits, car je ne savais pas si j'allais pouvoir la récupérer » confie Yves Simon. L'objet mesure 1m80 de haut et ne porte pas de nom. Il lui a été donné par la famille d'un photographe de Recouvrance, Emile Floch, décédé en 1986. Chaque appareil a son histoire, triste parfois même, comme ce Kodak Vest Pocket récupéré par un prisonnier français, en Allemagne, dans les affaires d'alliés anglais quelques minutes avant leur exécution.

Pour faire vivre cette collection, Yves Simon a réussi à convaincre la commune de Bourg-Blanc d'exposer 2 000 de ses appareils à l'étage de la médiathèque qui doit bientôt voir le jour. En attendant, il poursuit les interventions dans les écoles, et les expositions pour expliquer l'histoire de la photographie « qui a avancé trois fois plus vite depuis 1976 grâce à l'invention de l'autofocus par exemple ». La prochaine se déroule les 30 et 31 octobre à Névez, « sur les traces de François Joucourt », l'ancien horloger et photographe de Brasparts.


Christophe Pluchon

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