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29 août 2004 7 29 /08 /août /2004 20:47

La passion ne le quitte pas depuis 25 ans : ce postier de Bourg-Blanc, aujourd'hui à la retraite, possède une collection à faire pâlir d'envie tous les photographes de la région ! Du Voigtlander « Brillant » au mythique Rolleiflex en passant par les Foca, et en attendant l'ouverture d'un musée de la photo dans la commune, plusieurs marques trônent dans la vitrine de Monsieur, au salon.

simonchambre.jpg
« Ma femme a mis du temps à accepter ! », avoue celui qui est aussi fondateur et responsable du club-photo. Quand nous l'avons rencontré, fin août, Yves Simon venait de recevoir un nouvel appareil, un Olympus Pen T de 1966. Il s'agissait d'un don fait par une dame rencontrée il y a deux ans lors d'une fête bretonne à Brélès. Et des dons, il y en a eu beaucoup puisqu'ils constituent 90% de la collection ! Yves Simon se refuse du coup à parler d'argent à propos de pièces qu'il n'a pas toutes achetées. La plupart des appareils fonctionnent à condition de trouver le plan-film ou la pellicule adéquats.

Celui qui chouchoute aussi près de 250 modèles de caméras reste modeste : « 2 618 appareils, exactement, c'est beaucoup, et pourtant peu, par rapport aux 47 000 références fabriquées jusqu'en 1985 ». Yves Simon a chopé le virus à Fontenay-aux-Roses en région parisienne. En 1979, une femme lui demande de reproduire une photo de ses parents décédés. Elle lui donne trois appareils pour le remercier. Le facteur alerte alors ses copains et commence à en récupérer d'autres.

Ses plus belles pièces, comme ce Leica 1A qui porte le numéro 24500, le collectionneur le protège dans une valise, tout comme ses Minox, « appareils de l'espion » qui tiennent dans le creux de la main. Et puis il possède une chambre de studio professionnelle de format 18x24, en acajou, dont il n'est pas peu fier. « A cause d'elle, je n'ai pas dormi pendant onze nuits, car je ne savais pas si j'allais pouvoir la récupérer » confie Yves Simon. L'objet mesure 1m80 de haut et ne porte pas de nom. Il lui a été donné par la famille d'un photographe de Recouvrance, Emile Floch, décédé en 1986. Chaque appareil a son histoire, triste parfois même, comme ce Kodak Vest Pocket récupéré par un prisonnier français, en Allemagne, dans les affaires d'alliés anglais quelques minutes avant leur exécution.

Pour faire vivre cette collection, Yves Simon a réussi à convaincre la commune de Bourg-Blanc d'exposer 2 000 de ses appareils à l'étage de la médiathèque qui doit bientôt voir le jour. En attendant, il poursuit les interventions dans les écoles, et les expositions pour expliquer l'histoire de la photographie « qui a avancé trois fois plus vite depuis 1976 grâce à l'invention de l'autofocus par exemple ». La prochaine se déroule les 30 et 31 octobre à Névez, « sur les traces de François Joucourt », l'ancien horloger et photographe de Brasparts.


Christophe Pluchon

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