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4 juillet 2005 1 04 /07 /juillet /2005 11:40

Employé au Musée des Beaux-Arts de Quimper, l'auteur de « Ville Bleue et beaux dégâts » situe naturellement ses romans à Concarneau, la ville qui l'a vu naître voici 41 ans.

« Dans un roman policier, on peut soi-même imaginer différentes histoires et différentes fins, alors pourquoi ne pas les coucher sur papier ? » C'est à force de lire Frédéric Dard (San Antonio) que Stéphane Jaffrézic s'est décidé à prendre la plume. Il y a trois ans paraît « Toiles de fond à Concarneau », dont le point de départ est la bagarre qui opposa des artistes peintres, dont Paul Gauguin, à des marins, le 25 mai 1894. L'enquête démarre quand le corps de l'un des marins est découvert à mi-chemin entre Pont-Aven et Concarneau. Pour faire avancer son enquête, le maréchal des logis Clet Moreau s'appuie sur les témoignages des peintres Théophile Deyrolle et Alfred Guillou.

Puis l'année dernière, Stéphane Jaffrézic sort « Chili-Concarneau ». Là, le cadavre d'un homme est retrouvé dans le port, mais ce n'est pas une noyade... En avril enfin, les éditions Alain Bargain lui font à nouveau confiance pour publier « Ville Bleue et beaux dégâts », roman d'espionnage, qui met en scène les relations tendues entre marins bretons et espagnols. L'auteur, « touché par ces agressions multiples », a commencé l'écriture de cette histoire voici une quinzaine d'années. A l'époque, il exerçait un autre métier, à la criée de Concarneau. « J'essaie toujours de me demander ce que pensera le lecteur en lisant ce que j'écris, confie Stéphane Jaffrézic. Le secret, c'est le liant, il faut le surprendre, et rendre les situations vivantes. J'ai l'impression qu'on accroche mieux à l'histoire quand on se balade dans des lieux qu'on connaît ou qu'on veut connaître. Mais il ne faut pas croire que ça donne à ces endroits, ces villes, ces ports, une mauvaise image ! » Toutefois, n'est-il pas prudent, dans certaines circonstances, de rester dans le flou, quand on imagine des situations, des lieux, des personnages ? (et éviter que des habitants se reconnaissent). Stéphane Jaffrézic confesse ouvrir simplement l'annuaire ou le programme TV, pour y piocher des noms et des prénoms au hasard.

Quand l'information manque, l'auteur n'hésite pas à pousser la porte du poste de police, pour les corrections avec le commandant Vincent Martin. Les deux hommes ont entamé leur collaboration voici deux ans. « J'avais imaginé une perquisition accompagnée d'un serrurier, pour Chili-Concarneau. Or, il fallait au moins deux personnes, selon la loi. Dans la réalité, le jugement aurait pu être annulé ! » sourit Stéphane Jaffrézic. Cette démarche visant à collecter le maximum d'informations est appréciée par le policier concarnois, à l'aise dans son rôle de « conseiller technique ». De l'avis de Vincent Martin, Stéphane Jaffrézic est « très attaché à la crédibilité de ses romans par rapport à la réalité policière, contrairement à bon nombre d'auteurs qui sont à mille lieues de ce quotidien ». Résultat, selon lui, de bonnes histoires avec « un flic honnête et consciencieux, ni lâche ni héros, qui se comporte comme tout un chacun ». Cette minutie conduit souvent, dit le chef de la circonscription de police de Concarneau, « à proposer des modifications de scénario dans un but de simplification pour le lecteur ». Ainsi, c'est lui qui a soufflé l'idée d’un trafic de caviar ou de cassettes pédophiles pour un prochain roman.

Cette exigence du détail a aussi séduit les éditions Alain Bargain. « Stéphane sait tenir en alerte le lecteur, son écriture est facile et dynamique, et sa très bonne connaissance de Concarneau et des environs lui permet de ne pas trahir les lieux et les comportements locaux, ce qui donne une vraie sincérité à ses livres » se félicite Carl Bargain, co-responsable, avec son père, de la maison. A ce propos, Stéphane Jaffrézic se souvient de la première rencontre avec l'éditeur : « Je suis allé remettre le tapuscrit – texte dactylographié – à Alain Bargain. Le fait qu'il soit à l'initiative de la Route des Peintres en Cornouaille, donc sensible à ma première histoire avec Gauguin et ses amis, cela a aussi pu pencher en ma faveur ».

Avant la parution de chaque nouveau bouquin, les navettes entre l'auteur et l'éditeur se multiplient, le plus souvent par téléphone, chacun argumentant sur le besoin de changer ou non telle ou telle expression, ou de choisir tel ou tel titre. « La maison d'édition, c'est comme un club » note Firmin Le Bourhis, dont le dernier polar, « Peinture brûlante à Pontivy » (chez Bargain également), est chez les libraires depuis début juillet. « Nous avons chacun un métier différent à côté de l'écriture, cette expérience est utile pour tous les auteurs » dit-il. Pour son prochain roman, à sortir à la fin de l'année et dont l'enquête se déroule à Brest, Firmin Le Bourhis s'est ainsi appuyé sur les conseils de Stéphane Jaffrézic pour obtenir des informations sur le peintre Fernand Piet. Il faut noter que les deux auteurs n'ont pas la même approche pour construire leurs histoires. Firmin Le Bourhis se base sur des faits réels, des meurtres, des disparitions qui se sont produits dans d'autres régions, et les cuisine à la sauce bretonne.

Avec une trentaine d'auteurs au catalogue, dans deux collections (« Enquêtes et suspense », et « Pol'art »), les éditions Alain Bargain ont franchi, l'an dernier, le cap des 100 000 exemplaires écoulés, avec une croissance annuelle de 15 %. Pour Carl Bargain, « le roman policier régional est un genre vraiment installé aujourd'hui, bien loin du phénomène de mode ».

L’employé du Musée des Beaux-Arts de Quimper a vendu 5 000 exemplaires de « Toiles de fond à Concarneau », et plus de 4 000 lecteurs ont été séduits par « Chili-Concarneau ». 4 000 exemplaires ont aussi été tirés de « Ville Bleue et beaux dégâts », mais le chiffre des ventes n'est pas encore officiel, car le roman est paru seulement au printemps.

Stéphane Jaffrézic a plusieurs projets dans ses tiroirs : d'abord une enquête qui sera menée sur une seule journée, dans le Finistère, et une autre qui pourrait se dérouler dans la capitale du bout du monde. « Ca s'appellera peut-être Quimper la Ravissante, on verra bien » glisse-t-il, plus motivé par sa capacité à écrire des histoires que par l'appât du gain et la notoriété. « Bien sûr, voir ses enquêtes adaptées à la télévision, c'est une forme de consécration, mais il ne faut pas rêver. Aujourd'hui, les chaînes ont toutes des auteurs qui créent les personnages et donc les histoires » remarque Stéphane Jaffrézic.

Peut-on qualifier cet auteur de nouveau maître du suspens ? Les lecteurs sont seuls juges, ceux-là même qui déambuleront dans les allées du Festival du Polar de Concarneau (du 22 au 24 juillet). « C'est toujours agréable de les voir repartir avec des romans sous le bras, c'est une belle récompense » se félicite Stéphane Jaffrézic.

 

Christophe Pluchon

 

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commentaires

CP 21/07/2010 07:34



Bonjour

Essayez sur son blog :
http://stephanejaffrezic.blogspot.com/

Cordialement.

Christophe



salas 21/07/2010 02:58



la première fois que j'ai vue Stéphane Jaffrézic c'était à Carhaix, le 5/12/2009 exactement il m'a dédié "Chili Concarneau", je lui ai dit que j'étais Chilienne d'origine et aussi écrivainne.


Quand il m'a donner son livre, je lui ai dit à voix basse :


-J'aimerai que nous restions en contacte, seulement je suis une tête folle et j'ai oublier de lui donner mes coordonnées, tout comme lui d'ailleurs, car il m'a répondu de la tête "un oui".


Alors s'il vous plaît dites moi où je peux le contacter?  ou lui peut m'écrire à mon adresse élèctronique, dites lui que je suis aussi sur Facebook, ou qu'il me trouve à Plonévez du Faou (ça
je lui ai dit aussi) oui j'habite dans la campagne de ce village.


Merci d'avance