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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 22:49

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Ecouter l'interview diffusée sur RCF Rivages : 

 

 

Un livre dont le saumon est le héros... Hervé Jaouen a osé ! C'est vrai que l'écrivain quimpérois ne se fait jamais prier pour glisser, dans chacun de ses ouvrages, une ou deux anecdotes sur un loisir qui lui est cher : la pêche en rivière. Dans « Petites trahisons et grands malentendus » par exemple, il prenait plaisir à expliquer au lecteur la différence entre la technique de la mouche sèche et celle de la mouche noyée.

Avec ce nouveau roman (que certains qualifieront de fable), « Aux armes zécolos », Hervé Jaouen entend bien mettre en lumière un mal invisible, celui de la pollution de l'eau des rivières par les pesticides et les nitrates. « J'ai voulu un livre à la fois rigolo et militant, car la meilleure façon de faire prendre conscience aux gens de cette pollution, c'est sans doute de s'en moquer » dit-il. L'auteur constate avec douleur la désaffection des insectes, nécessaire au bon équilibre de la nature. « Il y a vingt ans, à partir du mois de mai, je faisais ce qu'on appelle le coup du soir. Les insectes nés dans la journée retombaient sur l'eau. Ils ont été bousillés par l'agriculture intensive. Quand aux truites, certaines sont devenues à la fois mâle et femelle et ne peuvent plus se reproduire ».

Le livre raconte, à travers le regard de Bleunwenn (une jeune fille « folledingue de ses racines bretonnes »), le désarroi de son grand-père qui ne peut plus s'adonner à sa passion, suite aux barrages sur l'Aulne, au réchauffement climatique et à la pollution.


« Aux armes zécolos » d'Hervé Jaouen est publié chez Diabase (16 €).


Christophe Pluchon


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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 22:03

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Ecouter l'interview diffusée sur RCF Rivages : 

 

 

Depuis le 15 novembre 2006, les magasins ont l'obligation de reprendre nos déchets électroniques, qu'il s'agisse des téléviseurs, des micro-ondes, des piles et des cartouches d'encre... A Brest, Bastien Lucas a créé l'association Eco-Action pour informer des familles, dans les quartiers, car la démarche n'est pas encore bien intégrée. Objectif : éviter que ces produits polluants ne finissent leur vie dans la nature.


Un imposant hangar dans la zone industrielle de Troyalac'h à Saint-Evarzec... Dans l'atelier Ecotri D3E (qui dépend des Ateliers Fouesnantais) s'entassent dans des bacs, sur la musique des transpalettes, des centaines d'écrans, de grille-pains et d'outils de bricolage de toutes sortes. Ce ballet dure toute la journée : les déchets électroniques arrivent par camion des trois départements de l'ouest de la Bretagne en vue d'être désossés. Ce matériel, usé ou démodé, est récupéré en amont par les distributeurs et les déchetteries, et depuis un an, par l'association Eco-Action montée sur Brest par Bastien Lucas. « Quand j'étais étudiant en école de commerce, j'ai réalisé une étude sur la gestion des déchets électroniques. Je me suis rendu compte qu'on jetait de grosses quantités de ces déchets hautement polluants. J'ai alors eu l'idée de monter une association pour aller au-devant des gens dans les quartiers » se souvient-il.

L'association Eco-Action voit le jour à Kerbonne. Le jeune homme aux allures de bon élève n'a aucune difficulté à persuader les ménages de déposer leur vieil aspirateur dans le bac qu'il a installé en bas de leur immeuble ou sur une place, bien en vue. En une seule journée, avec quelques bénévoles, il récolte en des endroits différents de la ville, entre 200 et 400 kg de déchets électroniques. Pour convaincre les adolescents, c'est un peu plus compliqué, malgré les nombreux messages de prévention sur le tri des déchets diffusés dans les classes depuis des années, et par l'association elle-même lors de ses interventions. « Les plus jeunes ne prennent pas conscience qu'il doivent trier, se débarrasser proprement de leur téléphone portable ou de leurs accessoires informatiques. Ils les jettent simplement dans la poubelle » déplore Bastien Lucas. Le problème est que ces rebuts, que nous produisons chacun à hauteur de 14 kg par an selon la Commission Européenne, contiennent des substances fortement toxiques pour l'environnement. Si l'ancien étudiant en commerce a monté cette opération dans les quartiers, au plus près des usagers, c'est bien parce que tout le monde ne peut pas aller dans une déchetterie, car il faut une voiture, surtout lorsque les objets dont on veut se débarrasser sont lourds, sales et encombrants. Bastien Lucas regrette que dans certains points de collecte communaux ou intercommunaux, il ne soit pas encore possible de déposer « proprement » ses déchets électroniques. « Ils sont broyés, incinérés, alors qu'ils pourraient être recyclés ». Selon Eco-Systèmes, entreprise agréée auprès des pouvoirs publics pour « gérer » la filière, 94% des déchetteries du Finistère jouent pourtant le jeu aujourd'hui. Elles ont récolté l'an dernier 4 000 tonnes de matériel électronique. Eco-Systèmes, qui est financé grâce à l'éco-participation en vigueur depuis 2006 sur chaque appareil acheté neuf, aide les collectivités à s'équiper en leur versant des primes allant pour chaque tonne de déchets, jusqu'à soixante-quinze euros.

L'enjeu pour les années à venir est important car un téléviseur à tube cathodique pourra, en passant cette filière, être dépollué à hauteur de 85% dans l'atelier Ecotri D3E. Ce processus de valorisation est aussi créateur d'emploi, car il fait travailler plusieurs dizaines de personnes handicapées et en insertion à Saint-Evarzec. Mais tout n'est pas rose pour autant, car la structure doit constamment adapter ses façons de faire aux progrès technologiques et marketing des fabricants. Les bureaux d'études n'ont en effet pas encore bien intégré la notion d'éco-conception : par exemple, même sur les appareils sortis ces derniers mois, les circuits électroniques sont toujours reliés aux boitiers par des vis. Ecotri doit utiliser un démanteleur, une sorte de grande cloche dans laquelle un cyclone vient « casser » les liaisons mécaniques. Au prix de ce lourd investissement, les cartes et alimentations se retrouvent séparées comme par miracle.

Chez Eco-Systèmes, on confirme qu'au 1er juillet de cette année, les fabricants seront financièrement incités à imaginer des produits respectueux de l'environnement. Les téléphones portables qui n'auront pas de prise pour chargeur universel, ou les téléviseurs rétro-éclairés au mercure seront pénalisés par une éco-participation défavorable que les marques devront intégrer à leurs prix de vente.

Bastien Lucas avoue faire le maximum, chez lui, pour avoir un comportement exemplaire. Il privilégie la douche plutôt que les bains et ne jette plus ses cartons dans la poubelle ménagère mais dans un bac séparé. En matière d'éclairage, le fondateur de l'association Eco-Action souhaiterait que l'on communique plus sur les méfaits des ampoules basse-consommation, qui vont devenir la norme dans les prochaines années. « Ces ampoules sont plus polluantes que leurs homologues à incandescence. Il faut éviter de les casser, et surtout les faire recycler. On dit aussi qu'elles ont des effets cancérigènes. Mais ce qui me gêne surtout, c'est qu'elles mettent du temps à s'allumer correctement, si bien que certaines personnes les laissent allumées toute la journée » dit-il.

L'autre phénomène qui questionne Bastien Lucas, c'est cette tendance à toujours acheter le produit dernier cri et à suivre la mode. « C'est une manière de satisfaire notre égo. On a besoin de montrer qu'on a réussi à se payer tel ou tel appareil. La publicité à la télévision y est pour beaucoup. Si on peut le recycler, tant mieux. Mais la question des emballages à base de pétrole n'est toujours pas résolue ». Tous les ans, selon Eco-Systèmes, un consommateur acquiert plus de 20 kg d'équipements électriques et électroniques (EEE) neufs. Dans cette masse de produits figure un grand nombre d'objets achetés à bas prix. Pas toujours utiles et souvent fragiles, ils sont le miroir de notre société qui nous encourage à consommer toujours plus sans que l'on en mesure forcément les conséquences sur l'environnement.


Pour informer les consommateurs sur le recyclage et le réemploi, Eco-Action sera présente au colloque sur l'économie sociale et solidaire les 28 et 29 mai au Quartz à Brest. L'association dispose aussi d'un local au lieu-dit Pen-Ar-Valy à Milizac. Vous pouvez y déposer aux heures d'ouverture, vos déchets électriques et électroniques.

Contact : 06 75 96 98 88

Site internet : http://eco-action-asso.webnode.fr/


Christophe Pluchon

 

 

Ecouter le magazine diffusé sur RCF Rivages sur le traitement des déchets électroniques dans le Finistère : 

 

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 21:31

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Depuis son premier roman en 2002, l'auteur quimpérois n'a jamais cessé de prendre la plume pour écrire des histoires qui se déroulent dans une ville de l'ouest. Ce septième livre met en scène le capitaine Maxime Moreau, son personnage fétiche depuis le début. Stéphane Jaffrézic a choisi de l'emmener enquêter sur les bords de la Loire. « Un coup de téléphone va entraîner le capitaine Moreau dans une aventure aux multiples rebondissements. Il va devoir retrouver une jeune fille venue travailler dans la région nantaise, qui n'aura pas donné signe de vie depuis plusieurs jours à ses parents adoptifs » explique Stéphane Jaffrézic.

« Vengeances croisées à Nantes » est, après « Tri Yann, Tro Breizh », le deuxième roman dont l'action a ses racines dans la capitale historique de la Bretagne. « J'ai visité la tour LU, le Lieu Unique. Elle est extraordinaire avec son grand restaurant, ses boutiques, sa galerie d'exposition, son hammam. J'ai été fortement séduit et je me suis dit que mon histoire pourrait se dérouler en partie à cet endroit » poursuit l'auteur.


« Vengeances croisées à Nantes » de Stéphane Jaffrézic est édité chez Bargain (9 €).


Christophe Pluchon

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 21:23

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Le photographe de St Pabu montre jusqu'au 29 mai des images réalisées en couleur, sur format de négatif 6x6, avec ce drôle d'appareil en plastique venu de Chine : le Holga. Les résultats sont surprenants : vignetage, sous ou sur-exposition, rais de lumière, car le Holga n'a pas de joints... Les images racontent Brest et son architecture comme on n'a pas l'habitude de les voir. Jean-Louis Potier a flâné dans des lieux insolites comme le long de ces immeubles du quartier de Saint-Martin qui n'ont pas été détruits pendant la guerre.

Dans la deuxième partie de l'exposition, le photographe présente le port de commerce de Brest en noir et blanc, toujours au format carré, mais avec l'appareil des reporters des années 50, le Rolleiflex. Les images sont là aussi originales, car elles font découvrir ou revoir des lieux fermés au public depuis plusieurs années pour des questions de sécurité.

Déjà à l'origine d'un bel ouvrage de photographies sur la Bretagne (« Finistère sauvage »), Jean-Louis Potier a fait paraître fin 2008 un coffret dans lequel il montre ces deux visions différentes de Brest (« Brest le port, Brest avec Holga »). Il cherche actuellement un éditeur pour un recueil de photographies panoramiques en noir et blanc sur l'Irlande.


Contact : Bibliothèque d'Etude de Brest, 22 rue Traverse. Tél : 02 98 00 87 60.

Site internet : http://jeanlouispotier.blogspot.com/


Christophe Pluchon

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 19:20

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Denis Seznec n'en a pas encore fini d'évoquer la mémoire de son grand-père. Son dernier ouvrage, classé dans la catégorie des beaux-livres, raconte, sous forme de témoignage et avec des photos, les conditions de détention de Guillaume Seznec. « J'apprends l'histoire à ceux qui ne la connaissent pas » explique-t-il. Les illustrations montrent les « chasseurs de têtes » chargés de ramener les bagnards morts ou vifs, les exécutions que les condamnés étaient obligés de suivre (avec interdiction de fermer les yeux pendant la guillotine de leurs camarades d'infortune), et ces têtes enfermées dans des bocaux et conservées dans du formol pour diverses expériences. Certains photographies ont été prises en cachette par les gardiens eux-même. « La loi Seznec – qui permet la révision d'un procès sur la découverte d'un fait nouveau - m'a permis d'accéder à toutes les archives » poursuit Denis Seznec. En 1924, le négociant en bois Guillaume Seznec est condamné aux travaux forcés pour un meurtre qu'il niera toute sa vie, celui de son ami le conseiller général Pierre Quéméneur.

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Le 20 avril en soirée, France 2 retransmettait la pièce de Robert Hossein sur l'affaire Seznec. La chaîne invitait les téléspectateurs à se mettre dans la peau des jurés. 94% d'entre eux ont estimé que Guillaume Seznec n'avait pas tué Pierre Quéméneur. Le contexte juridique d'aujourd'hui a évidemment joué : le public a respecté le principe de présomption d'innocence. Il a aussi pris en compte le fait que le corps de Pierre Quéméneur n'ait jamais été retrouvé, et l'absence de mobile. « Un jour c'est sûr, Guillaume Seznec sera réhabilité par la Justice. Mais il l'est déjà, depuis longtemps, dans le coeur des hommes » conclut le livre.

 

Christophe Pluchon

 

Ecouter l'interview de Denis Seznec diffusée sur RCF Rivages :

 

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 07:29

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Ecouter l'interview diffusée sur RCF Rivages :

 

 

Mehmet Yilmaz est le nouveau président de l'association culturelle turque de Quimper. Il prépare avec la communauté la « Fête des Enfants » du 25 avril, en l'honneur du fondateur de la Turquie moderne Mustafa Kemal.


Le 31 janvier dernier, Mehmet Yilmaz a été porté sur la plus haute marche du conseil d'administration de l'association culturelle turque de Quimper en remplacement de Mehmet Altintas qui n'avait pas souhaité se représenter. La passion pour un peuple et pour un pays a donné des ailes au nouveau président. « Faire partie d'une association, c'est la possibilité de servir les gens et de faire évoluer un tas de choses au niveau de la société civile. Cet investissement dans l'humain, c'est le meilleur investissement que l'on puisse faire » soutient Mehmet Yilmaz.

L'ACTQ compte 208 adhérents, familles ou individuels. Elle représente environ un millier de personnes auprès des institutions. L'association organise des réunions-débat pour éclairer ses membres sur des thèmes d'actualité. Elle dispense aussi des cours de soutien scolaire aux élèves en difficulté. « Nous les aidons à avoir confiance en eux au niveau de la langue, des mathématiques ou de l'histoire pour qu'il réussissent dans leurs études, qu'ils aient un métier, qu'ils servent la France tout simplement » explique Mehmet Yilmaz.

Le jeune homme de 26 ans, titulaire de la double nationalité, est un exemple d'intégration réussie. Diplômé d'un master en droit public, il est conseiller juridique auprès des entreprises finistériennes. Il est arrivé en France à l'âge de quatre ans. « Ma famille est originaire de Bingöl, dans l'est de la Turquie. Mon père est venu tout seul en 1972 pour travailler dans le secteur du bâtiment, quand la France a fait une demande de prêt de main-d'oeuvre à la Turquie. Il a d'abord exercé à Cholet, puis à Quimper. Il avait l'idée de rentrer au pays quelques années plus tard, pour ouvrir un petit commerce avec les économies réalisées. Mais les perspectives ont changé avec le temps, et on concevait différemment l'avenir. Ma famille l'a finalement rejoint en 1987 ». La première génération a appris à relativiser la nécessité de faire sa vie en France, en nouant des relations avec ses voisins et en voyant grandir sa progéniture. « Certains immigrés veulent rentrer en Turquie pour y passer leur retraite car ils éprouvent de la nostalgie, d'autres préfèrent rester en France auprès de leurs enfants et petit-enfants. Il y a plusieurs cas de figure » poursuit Mehmet Yilmaz. Le président de l'association culturelle turque de Quimper avoue être encore bien trop jeune pour penser à ses vieux jours. Pour lui, « la solution, c'est d'aimer les deux pays, pas d'en faire primer l'un sur l'autre ».

La Turquie et la France ont toujours eu des relations privilégiées. Elles se sont concrétisées cette semaine par la visite officielle du Premier Ministre Recep Tayyip Erdogan, pour la clôture de la Saison de la Turquie en France. Cet événement s'est déroulé dans quatre-vingt villes dans le but de faire découvrir au grand public la Turquie dans ses composantes culturelle, économique et sportive. Au niveau politique, les deux pays collaborent au règlement de certaines crises comme en Georgie ou en Afghanistan. La Turquie est aussi membre du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Le dossier le plus emblématique de ces dernières années concerne sans doute la candidature à l'entrée dans l'Union Européenne. Mehmet Yilmaz regrette que l'on ne parle pas beaucoup de ce que la Turquie et ses 77 millions d'habitants peuvent apporter à l'Europe. « On évoque toujours la religion, la peur du musulman. Or, la religion ne reflète pas la réalité du pays qui est quand même la 16è puissance économique mondiale !  Nicolas Sarkozy a dit qu'il était opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Les députés européens y voient pourtant un atout majeur pour réconcilier le monde musulman avec l'occident ».

Le débat sur l'identité nationale (à propos duquel le chef de l'Etat a prévu de s'exprimer au cours du mois) interpelle aussi le président de l'association culturelle turque de Quimper. « Je ne suis pas opposé à un tel débat, s'il permet de nous poser la question de nos valeurs et de la manière d'y adhérer ». Mehmet Yilmaz tient à rappeler que « les personnes issues de l'immigration sont françaises à part entière car elles participent à l'économie nationale grâce à leur savoir-faire ».

Contre le port de la burqa, un autre sujet qui questionne la communauté musulmane, le jeune juriste ne trouve pas nécessaire de voter une loi comme le souhaiteraient certains politiques. « J'ai découvert comme tout le monde ce phénomène. Pour le faire reculer, il faut passer par le dialogue car ce n'est pas une prescription islamique. L'an dernier, une femme de Quimper qui portait la burqa est revenue au voile classique après en avoir débattu avec d'autres ». Mehmet Yilmaz entend bien donner leur chance aux femmes, pas suffisamment intégrées dans la société de son point de vue. Il a fait le pari de proposer au poste de premier vice-président de l'association une commerçante du centre-ville. « Elles sont efficaces et pragmatiques, surtout sur les questions sociales » dit-il.

Depuis des semaines, la communauté turque de Quimper se mobilise pour organiser sa « Fête des Enfants ». Cet événement a lieu chaque année, dans de nombreuses villes du monde, en l'honneur de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne après la chute de l'Empire Ottoman. La date du 23 avril 1923 a été retenue car elle correspond à l'ouverture de la grande assemblée nationale turque. A Quimper, la fête, gratuite, aura lieu le dimanche 25, au parc des expositions de Penvillers à partir de 13h30. Le grand public est bien sûr convié car l'après-midi ne s'adresse pas seulement à la communauté. Il pourra découvrir la culture turque à travers une exposition-vente de dentelle et de broderie. Des vidéos sur le patrimoine du pays seront aussi montrées. Il sera également possible de déguster des plats et des gourmandises comme les lokoum. Les enfants, qui ont préparé l'animation de cette fête, liront des poèmes, joueront de la musique et danseront sur scène en costume traditionnel. La culture bretonne, qui fait bon ménage avec la culture turque ne sera pas oubliée avec la venue du cercle celtique Mederien Penhars. « En mixant les cultures et en connaissant mieux l'autre, on ne peut que sortir enrichi sur le plan humain. Les Bretons ne doivent pas oublier d'où ils viennent et qui ils sont. L'ennemi, c'est l'ignorance » explique Mehmet Yilmaz.

Le président de l'association culturelle turque de Quimper passe chaque année près d'un mois en Turquie, avec sa famille. Ce qu'il aime par-dessus tout ? « Le patrimoine historique, les plages, et surtout l'hospitalité des gens ».


 

Christophe Pluchon



Ecouter l'interview diffusée sur RCF Rivages :

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 20:31

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Un radôme blanc, à l'entrée sud de Brest... Les 300 aiguilleurs du ciel basés au Centre en Route de la Navigation Aérienne, le CRNA Ouest, surveillent jour et nuit le trafic civil long et moyen-courrier dans une zone qui s'étend du nord du Bassin Parisien au golfe de Gascogne. Ils prennent le relais des tours de contrôle des aéroports et des autres centres en route, français, espagnol et britannique, pour les vols en transit. Ils ne gèrent pas en revanche, la circulation en basse et moyenne altitude des petits avions de tourisme dont les pilotes naviguent à vue et non aux instruments. « L'origine du CRNA Ouest, c'est 1968 avec la création du radar, explique la chef du centre, Aline Pillan. Le site compte aussi 330 personnels de l'armée de l'air, de la marine et du centre d'essais et de réception, mais nous ne voyons pas leurs avions sauf quand nous devons travailler ensemble ».

On n'entre pas au radar de Bretagne comme dans un moulin. Il faut montrer patte blanche pour accéder à la salle de contrôle de 800 m2. Les aiguilleurs, répartis sur une vingtaine de postes, travaillent dans une ambiance feutrée. Nulle lumière ne pénètre par l'extérieur. « Le métier de contrôleur aérien nécessite beaucoup de concentration, confie l'un d'entre eux, Estelle Thomas. On ne peut pas prendre de risque avec la sécurité des passagers. C'est aussi un métier de communication. Nous nous adressons par la voix aux commandants de bord des avions et à nos collègues des autres centres et des tours de contrôle des aéroports. Nous parlons en général en anglais, sauf quand nous avons affaire à des français. Chaque échange est codifié pour qu'il soit le plus concis et le plus précis possible ». Sur leurs écrans, les aiguilleurs ont accès à la position des avions, à leur altitude et à leur vitesse. D'avril à octobre, le trafic est particulièrement intense avec les vols vacances. « Notre but, c'est d'éviter les embouteillages dans le ciel » poursuit Estelle Thomas.

Ce métier de contact, animé par le travail à horaires décalés n'est pas pour déplaire à Nathalie Le Faou. « J'ai découvert le CRNA Ouest un peu par hasard, après qu'une amie m'en ait parlé. Après trois années d'études en alternance, j'ai passé le concours d'Ingénieur du Contrôle de la Navigation Aérienne à Toulouse ».

Le Centre en Route de la Navigation Aérienne de Loperhet a surveillé 798 000 vols civils l'an dernier, avec des pics à plus de 3 000 par jour. C'est 9% de moins qu'en 2008 car en raison de la crise, les compagnies ont du revoir leur prévisions. Ce sont elles qui financent le CNRA, via une redevance. Le centre a pourtant besoin d'argent pour mener à bien un projet d'agrandissement de ses locaux.


Christophe Pluchon


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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 07:13

« Les chaussures », le premier album de Cristine a été récompensé en 2007 par le Grand Prix du Télégramme. La chanteuse douarneniste, auteur-interprète, récidive avec « Hors-piste », un disque plein de poésie à savourer les yeux fermés.

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Ecouter l'interview diffusée sur RCF Rivages :

 


L'univers de Cristine est une invitation à un voyage intérieur, un mélange subtil de textes du quotidien et de musique à la sonorité envoûtante. La chanteuse a fait du chemin depuis son duo avec la harpiste d'origine grecque Elisa Vellia. Les deux femmes avaient fondé Sedrenn en 1994. Deux albums plus tard, elles se séparaient pour d'autres aventures, beaucoup plus personnelles.

Christine Mérienne, originaire de la région parisienne, découvre la Bretagne grâce à la harpe celtique. « Cet instrument m'a attiré le jour où j'ai vu un petit garçon en jouer. J'avais six ans ». Adolescente, elle suit des cours dans une école de musique, justement fondée par une harpiste, et reçoit à 21 ans le Prix du Conservatoire. Elle a le coup de foudre pour la Bretagne lorsqu'elle s'y rend pour participer aux rencontres internationales de harpe celtique de Dinan. « Je me suis sentie chez moi. J'ai ensuite visité le Finistère, notamment Quimper. Puis Elisa Vellia m'a proposé de tourner avec elle ».

Pour identifier son nouvel univers, la jeune femme isole le h de son prénom, « par coquetterie » (dit-elle en plaisantant) mais aussi, instinctivement, pour montrer son attachement à la harpe dont le nom commence par cette lettre. Elle s'entoure de musiciens « formidables, une équipe de foot, que des mecs, tous bretons ! » comme Patrick Boileau (batterie), Franck Le Masle (claviers) et Antonin Volson (contrebasse). En général, Cristine compose d'abord ses mélodies à la harpe. L'accueil se passe généralement bien. « Il y a beaucoup de respect entre nous. Je trouve facile de travailler avec des hommes car les thèmes que je développe ne sont pas forcément féminins » dit-elle.

C'est un titre assez déjanté qui ouvre l'album « Hors-Piste ». « J'taime quand t'es mâle » traite avec humour et jeux de mots des rapports entre les hommes et les femmes. « C'est Harrison Ford dans Indiana Jones qu'on préfère avec son fouet et son chapeau de cow-boy plutôt qu'avec son noeud papillon pendant son cours à l'université ». L'artiste ne se force jamais pour écrire. « L'inspiration vient souvent dans le mouvement, en voiture ou en marchant. Je pars d'une idée qui me saute à l'esprit ou d'une phrase que j'entends. Puis je me mets à fredonner et je gribouille quelques phrases. Il m'arrive de laisser les textes en suspens pendant quelques mois dans des carnets ». Cristine met un point d'honneur à peaufiner sa prose. « Un beau texte doit parler à l'âme, au coeur, ne pas laisser indifférent ».

Un sujet qu'elle a souhaité mettre en musique sur son nouvel album a trait à la destruction de Brest. La chanson « La rescapée » rend un bel hommage à la rue St Malo, cette impasse épargnée par les bombardements alliés. L'un des couplets dit ceci :


La rue de Saint Malo

Est un petit joyau

Rescapé du naufrage

Dans son écrin blanc

De béton un diamant

Sauvage


« Ces histoires de villes détruites me touchent même si je suis originaire de Paris, explique Cristine. C'est une partie de moi qui a mal. Nous sommes tous marqués par ces guerres qui existent encore dans les ruines et dans les bâtiments modernes ». Si la harpe apporte une aération dans les chansons, sur « La rescapée », l'instrument renforce indéniablement le texte déjà très beau. Ce titre plonge aussi l'auditeur dans une ambiance de cabaret, un peu à la façon de Claude Le Roux (surnommée « La fille de Recouvrance »). Le tempo jazzy et la voix élégante, rêveuse et parfois piquante de Cristine n'y sont pas étrangers. Dans « Nina, elle s'endort », la chanteuse à la harpe bleue se glisse dans la peau d'une SDF pour manifester le fait que des gens couchent encore sur les trottoirs au XXIè siècle. Elle écrit par exemple :


Y en a qui saignent

D'autres qui s'aiment

Des qui se douchent

Des qui se touchent


Et Nina elle s'endort

Elle ne craint pas la mort

Son bonnet enfoncé

Jusqu'au bout de son nez


« Exclure l'autre, c'est se tromper, dit Cristine. Notre société devrait être une mère pour ses enfants, pas un bâton qui nous tombe dessus sans arrêt ».

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Photo : Gildas Bénéat

 

Quand on lui demande si la France a encore de grands chanteurs à texte depuis la disparition de Jean Ferrat, Cristine nous renvoie après quelques secondes d'hésitation à Zazie, qui dénonce l'homophobie dans sa chanson « Adam et Yves ». Elle évoque aussi Gilles Servat, plus près de nous. Ouverte à toutes sortes de courants musicaux, du jazz à la pop en passant par le rock et la musique bretonne, l'artiste avoue avoir un faible pour la poésie de Bashung en ce moment. « C'est un artiste aux textes extrêmement touchants et à la voix fabuleuse. Il aurait pu chanter n'importe quelle bêtise que ça aurait sonné » dit-elle. La plaisanterie, malheureusement, s'est mal terminée il y a un an. Certains verront dans la chanson « Je clope » un clin d'oeil à l'interprète masculin de l'année 2009 aux Victoires de la Musique. Cristine y exprime, sans aucune vulgarité ni voyeurisme, la détresse des fumeurs qui ont du mal à écraser leur dernière cigarette.

L'artiste, par son acharnement à défendre par les mots des causes justes, apporte sa pierre à l'édifice d'un monde meilleur. Dans « Ouvalo », elle aborde la question de la gestion de l'eau. « Ca m'a fait mal d'apprendre qu'on voudrait taxer l'eau de pluie que les gens récupèrent dans leurs jardins. Car s'il y a une chose qui appartient à tout le monde, c'est bien l'eau. Je pense à ces grands-pères que je voyais dans mon enfance avec leurs bidons et leurs arrosoirs. Cette chanson est partie de quelque chose d'un peu enfantin et finalement elle est très pédagogique et politique » dit-elle.

Ce deuxième disque de Cristine est l'une des bonnes surprises musicales de ce printemps. Quoi de plus normal d'ailleurs puisqu'elle est née le jour de la Saint-Parfait ! Le prochain CD de cette artiste animée par l'amour et la liberté pourrait bien être plus engagé encore.



Cristine se produit jeudi 1er avril 2010 à 20h30 au cabaret Vauban à Brest et le 22 mai au Chapeau-Rouge à Quimper à 20h. Son album « Hors-Piste » est distribué par Coop Breizh.


Pour en savoir plus : www.cristine.fr


Christophe Pluchon

 


  Ecouter l'interview diffusée sur RCF Rivages :

 

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 21:00
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Les slogans choisis par les neuf diocèses de la province ecclésiastique de l'ouest (qui couvre la Bretagne et la Loire-Atlantique) pour cette campagne du denier de l'église ont de quoi dérouter, tant ils ressemblent à ceux utilisés par les grandes marques de lessive ou de supermarché. L'accroche « Chez nous, tout est gratuit » pourrait se rapporter à une énorme promotion pour des produits alimentaires ou high-tech. « Bien au contraire, explique l'évêque du diocèse de Quimper et Léon, Monseigneur Jean-Marie Le Vert. Ce qui est gratuit, c'est l'amour, la présence, l'espérance, le partage. Nous avons fait appel à ce qui préoccupe les gens qui sont beaucoup dans la société de consommation, pour leur montrer les vraies valeurs de l'Eglise ».

Le denier participe à hauteur de 23% au budget du diocèse de Quimper et Léon. Il sert à payer les traitements des prêtres et les salaires des laïcs pour la pastorale, ainsi que les actions de formation et l'entretien des bâtiments construits après 1905. Les autres sources de financement sont les quêtes, le casuel et les legs.

La campagne du denier de l'Eglise de 2009 a permis de fidéliser 1 085 nouveaux donateurs sur le diocèse, contre 1 319 en 2008. Le don moyen est de 168 euros. Les sommes versées sont déductibles des impôts à hauteur de 66%. Cette campagne au ton discount et au visuel flashy est diffusée depuis dimanche sur les panneaux d'affichage, dans les paroisses et sur les ondes de la radio RCF Rivages.


Pour en savoir plus : www.denier-ouest.com


Christophe Pluchon

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 20:40

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Le musée de Pont-Aven continue de montrer « l'éclatement des formes et des couleurs » facilité par la peinture abstraite. Après Olivier Debré et Jean Deyrolle, c'est au tour de Serge Poliakoff d'exposer son talent jusqu'au 30 mai prochain.

Né à Moscou en 1900, l'artiste fuit son pays en 1918 accompagné de sa tante Nastia. De tour de chant en tour de chant (Poliakoff est d'abord musicien), il s'installe à Paris en 1924. Cinq ans plus tard, il comprend que son avenir est dans la peinture. Il s'inscrit à l'Académie de la Grande Chaumière et commence ses premières expositions, avant de partir pour Londres. En 1952, année de son premier vrai contrat avec une galerie (Bing), il peut enfin se consacrer totalement à son art. « Ses rencontres avec Kandinsky et Sonia et Robert Delaunay lui permettent de franchir le pas car à l'époque, choisir la peinture abstraite, c'était choisir une voie minoritaire » explique le conservateur Estelle Guille des Buttes-Fresneau.

Le musée de Pont-Aven présente environ 70 gouaches, huiles et aquarelles réalisées par Serge Poliakoff. Il s'agit principalement des grands formats. La majorité de son travail n'a pas nécessité d'esquisse car Poliakoff peignait à même la toile. « Il partait d'une forme pour en accrocher une autre » poursuit le conservateur. Enfin, l'artiste fabriquait lui-même ses pigments, si bien que certaines couleurs prennent un aspect étonnant selon la lumière et le nombre de couches. Estelle Guille des Buttes-Fresneau ne cache pas que sa technique constitue sans doute un casse-tête pour bien des restaurateurs.


Contact : 02 98 06 14 43 et www.museepontaven.fr

Christophe Pluchon


 

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