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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 19:20

L'histoire de Jeanne Barret est atypique puisque cette femme fut la première à réaliser un tour du monde pour le compte de la Royale. En 1766, elle quitte Rochefort, sur la flûte l'Etoile, pour participer à l'expédition de Bougainville et de la Boudeuse qui vise à ramener de nouvelles épices. Elle se déguise en homme et se fait passer pour le valet de son amant, le naturaliste du roi Philibert Commerson. A l'époque en effet, le sexe dit faible n'est pas autorisé à embarquer car les marins, une femme à bord, c'est « le lest du diable ». « Jeanne Barret a voulu lui cacher ses intentions mais je pense que Commerson était au courant dès le début » analyse Jean-Jacques Antier. La supercherie est découverte par les indigènes, à Tahiti.

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Le roman que signe l'historien de la Marine se lit à la manière d'un livre d'aventures. Les dialogues sont pour la plupart inventés, car il est bien difficile de savoir ce qui se disait pendant cette expédition. L'histoire part néanmoins de faits réels et d'un gros travail de recherche historique. Jean-Jacques Antier cite des extraits du journal de bord de Bougainville, dans lesquels l'explorateur explique comment il place Jeanne Barret sous sa protection. « J'admire sa résolution, d'autant qu'elle s'est toujours conduite avec la plus scrupuleuse sagesse, infatigable botaniste suivant son maître au milieu des neiges et sur les monts glacés du détroit de Magellan. J'ai pris des mesures pour qu'elle n'essuyât rien de désagréable à bord ». « C'est incroyable que Jeanne Barret ait pu tenir sur ce bateau pendant plus de deux ans. Elle aurait du mourir cent fois car tous les marins étaient malades, souffrant de scorbut, de mal de mer ou de palludisme » s'étonne Jean-Jacques Antier.

Jeanne Barret et Philibert Commerson sont débarqués à l'Ile Maurice (ex-Ile de France) en 1768. Le botaniste meurt cinq ans plus tard d'un problème pulmonaire. Jeanne Barret épouse un soldat français du Périgord, Jean Dubernat, puis rentre en Europe. Le roi lui octroie alors une rente, pour son travail de botaniste pendant le tour du monde.


Jean-Jacques Antier : "La prisonnière des Mers du Sud" est édité par les Presses de la Cité.


Christophe Pluchon


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