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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 20:08

Jean-Michel Caradec avait raison : la Bretagne est « belle quand elle pleut », n'en déplaise aux mauvaises langues ! Pourtant, aucun jour ne se passe sans que l'on s'interroge sur le temps qu'il fera dans les heures et les jours à venir. La question « qu'est-ce qu'ils ont prévu pour demain ? » trouve une réponse au centre de Météo France situé en face de l'aéroport Brest-Bretagne à Guipavas. Marcel Le Stum anime une équipe de 37 personnes, l'une des plus importantes de France pour un centre départemental. Une partie des ingénieurs et techniciens est formée tout spécialement à la météorologie marine.


La première vocation de Météo France, ex-Météorologie Nationale, est, depuis sa création, de fournir en informations les tours de contrôle des aéroports. Le ballet des Airbus s'harmonise donc parfaitement avec l'animation des cartes satellites sur les écrans. Marcel Le Stum, délégué départemental pour le Finistère depuis une décennie (après un début de carrière au service de prévisions central à Paris puis à Lann Bihoué), trouve toujours une certaine logique à s'occuper de ceux qui ont la responsabilité des aéronefs. Pour l'anecdote, lui-même fut reconnu inapte au pilotage après une vingtaine d'heures de pratique, au tout début des années 70.

On ne peut pas dire que cet enfant de Telgruc-sur-Mer en presqu'île de Crozon soit tombé dans le chaudron de la météo quand il était petit. La passion pour les anticyclones et les hygromètres lui vient à la fin de ses études de maths spé au lycée de Kérichen à Brest. « C'est un métier qui vous donne un capital de sympathie énorme car tout le monde fait un peu de météo chez lui, confie Marcel le Stum, non sans une certaine fierté. Il y a trente ans, Albert Simon sur Europe 1, c'était un peu Madame Irma et sa boule de cristal qui faisait des prévisions sur un an ou deux ! Les choses ont énormément changé aujourd'hui ».

Placé sous la tutelle du Ministère des Transports, Météo France emploie 3 700 personnes, dont un millier au siège à Toulouse. Tous les départements disposent d'un centre et certains d'entre eux, comme celui du Finistère, sont spécialisés. A Guipavas, neuf personnes font des prévisions marines pour une zone comprise entre la Hague et le sud de la Vendée. « Les informations sur la températures de l'eau, le vent ou la visibilité sont recueillies par les bateaux qui sont une aide complémentaire de celle des satellites, explique un technicien, Jean-Pierre Mersak. Elles sont ensuite transmises aux CROSS et aux sémaphores. A Plabennec, le centre dispose aussi d'un radar capable de visualiser la situation de l'atmosphère dans un rayon de 250 kilomètres. Chaque jour et chaque nuit, à midi et à minuit, un météorologiste lance également un ballon-sonde gonflé à l'hélium en direction du ciel. Les données qu'il recueille permettent de pratiquer une coupe visuelle sur plusieurs kilomètres, et ainsi de déterminer de façon précise les centres dépressionnaires. Enfin, à terre, Météo-France a tissé une toile composée d'une cinquantaine de stations, certaines automatiques et d'autres animées par des bénévoles (qui ont pour obligation de transmettre à la fin de chaque mois les données de climatologie enregistrées). « Grâce à ce maillage, nous établissons des statistiques précises sur des dizaines d'années. Nous répondons aux promoteurs qui ont des projets d'installation d'éoliennes, et aux assureurs qui veulent savoir si une dégradation peut avoir été causée par un orage à tel ou tel endroit » confie une autre technicienne, Béatrice L'Hostis.

La météorologie, « science des phénomènes atmosphériques » voit le jour durant la guerre de Crimée, en 1854. « La flotille française perdit énormément de bateaux à cause d'une tempête en Mer Noire, explique Marcel Le Stum. Elle aurait pu être prévue, puisqu'elle était déjà passée sur toute l'Europe. D'où l'idée de mettre en place un réseau de mesures ».

Voilà pourquoi, pour réaliser des prévisions fiables à quelques jours, les météorologistes se doivent de connaître parfaitement « l'état initial », c'est-à-dire le temps qu'il fait en amont, aussi bien au-dessus de nos têtes qu'à des milliers de kilomètres de chez nous. Ils se servent bien sûr des informations recueillies par les satellites, les radars et les stations de mesures en France et à l'étranger. Toutes ces données sont ensuite analysées par les outils informatiques qui vont alimenter le modèle de prévision utilisé par Météo-France, en effectuant divers calculs qui généreront des cartes. « Ce que l'on réussissait pour un jour il y a 25 ans, on le fait aujourd'hui pour quatre jours, se félicite Marcel Le Stum. Le challenge, pour l'avenir, sera d'améliorer l'état initial grâce à la plus grande précision des instruments de mesure ».

Au centre départemental, les prévisionnistes ont appris à rédiger les bulletins à l'attention de la presse écrite, des radios locales, de France 3 Iroise et aussi d'entreprises, qui veulent par exemple connaître la vitesse et l'orientation des vents à venir en un lieu déterminé. C'est le cas pour le secteur du BTP, avant de faire travailler une grue sur un chantier, ou pour l'agriculture. Les techniciens enregistrent également à intervalles réguliers, au « studio Kiosque », des messages vocaux de prévisions à sept jours pour le serveur téléphonique 32-50. « Nous essayons d'être proches des gens en citant des noms de communes, car ce numéro est grand public » explique l'un des techniciens, Gilles Le Meau.

Mais à l'heure d'internet, alors que l'on peut accéder gratuitement à des prévisions locales via des sites étrangers, pourquoi Météo France, organisme d'Etat, facture-t-il toujours ses prestations au-delà de 24 heures pour le département ? Dans sa réponse, Marcel Le Stum ne remet pas en cause la notion de service public. « Notre mission, dit-il, est la sécurité des personnes et des biens, en priorité. Elle se traduit par l'établissement de cartes de vigilance. Les informations de confort, dans des lieux précis et pour des activités commerciales sont payantes, car elles nécessitent de notre part un effort financier plus conséquent ».

Le saviez-vous ? Il pleut pratiquement autant à Biarritz qu'à Brest ! Notre département est très disparate en matière de climatologie, puisque le littoral est souvent plus épargné que les hauteurs, au point de vue de la pluviométrie et de l'ennuagement. « Quand on soulève une masse d'air, explique Marcel Le Stum, on la refroidit et donc on la condense. Cette condensation, c'est la pluie ». Alors bien sûr, si Catherine Laborde sur TF1 vous annonce du soleil pour le début de l'après-midi et qu'à l'heure du goûter, vous avez toujours du crachin, on peut comprendre que vous en vouliez à Météo France (et un peu quand même à la présentatrice). « A la télévision, on nous impose de mettre des pictogrammes, en prenant les stations départementales comme référence. Ce sont des généralités. Pour les prévisions plus précises, il faudra nous consulter en local » argumente Marcel Le Stum. Le délégué départemental de Météo France se dit conscient de la responsabilité de ses services en matière de fréquentation touristique dans la région.

Ce spécialiste de la météo s'envole-t-il aux Antilles pendant ses vacances, pour aller observer les phénomènes climatiques comme les cyclones ? « Non, c'est dangereux et les périodes ne correspondent pas forcément à mes vacances. Je pars plutôt chercher le soleil. Et je le garde pour moi ! » plaisante-t-il.


Contact :

Centre Départemental de Météo France : 02 98 32 55 57

Internet : www.meteofrance.fr


Christophe Pluchon

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commentaires

CP 23/12/2007 10:09

BonjourLe mieux serait de s'adresser directement à Météo France. CordialementChristophe Pluchon

HEUDRE laurence 23/12/2007 09:46

bonjour,si je m'interesse particulierement a votre centre meteo, c'est que je travaille dans un foyer pour personnes handicapes mentales.et nous avons une personne qui ne s'interesse que a la meteo, mais vraiment que ça.sa seule conversation c'est la meteo, quand on lui demande de faire un dessin ce sont des nuages, des eclairs, de la pluie.c'est pour ca qu'aujourd'hui, je me permet de vous demander si ce serait possible de venir visiter votre centre de meterologie.NOUS NOUS TROUVONS EGALEMENT DANS LA VILLE DE GUIPAVAS A 5 MINUTES DE VOTRE CENTRE.AVEC TOUS MES REMERCIEMENTS