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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 21:57

En 1974 naît l'association Secours des Hommes, à Guipavas, pour relayer l'action du Père Gabriel Tygréat en Thaïlande auprès du peuple Carian. La structure est aujourd'hui présidée par Pascal Eveilleau, dont la vie s'articule autour de deux valeurs : tolérance et simplicité.

« Les Carians sont des gens simples, droits, honnêtes, proches de la nature » écrivait le Père Tygréat dans sa correspondance avec l'association Secours des Hommes en avril 1974, soit quelques semaines après sa création. Pascal Eveilleau n'est pas resté pas insensible à ce message relatif au travail du missionnaire en Thaïlande. Nièce de l'homme d'église, son épouse Chantal l'encourage à y adhérer en 1981, lorsque le couple s'installe à Guipavas. L'ancien chauffeur de taxi né en 1959 au Mans, aujourd'hui dessinateur-métreur dans un cabinet d'architecte, a toujours jugé important de s'engager pour les autres. « L'amour que nous propose Dieu et qui devrait être évident pour tout le monde m'amène à ouvrir les yeux et à vouloir le bien comme je le vis » revendique Pascal Eveilleau. En 1984, il devient président de l'association. Après avoir cédé sa place à deux reprises, il poursuit actuellement un nouveau mandat à ce poste, un autre religieux, le Père Olivier Prodhomme, assurant la continuité de l'oeuvre du Père Tygréat en Thaïlande.

Secours des Hommes voit le jour à l'initiative d'Yves Boulic, secrétaire de mairie à Guipavas, et d'Henri Pailler, actuel premier magistrat de la commune, quelque temps après une grande collecte de médicaments. Missionnaire des Missions Etrangères de Paris, le Père Tygréat, revenant de Thaïlande, présente un diaporama sur l'ethnie Carian, contrainte de fuir la Birmanie suite au retour au pouvoir de l'armée, après l'invasion anglaise. « Pour aider les Carians clandestins, raconte Pascal Eveilleau, le père Tygréat s'est installé dans un village thaïlandais où le sorcier s'était réservé tout un secteur qu'il disait hanté. Il ne s'est jamais rien passé de maléfique. A la fin, il avait plus de 250 enfants autour de lui ». La première série de dons en faveur de l'association, d'un montant de 5 843 francs, est récoltée suite à cette projection. Elle permet au missionnaire d'acheter une voiture, mais aussi de payer des moustiquaires et des balances pour peser le coton (en Haïti). Trente-deux ans après, Secours des Hommes mène toujours des actions pour financer des écoles, qui forment par exemple aux métiers de l'agriculture. « La gratuité n'aide pas, ajoute Pascal Eveilleau. Il faut que les gens se prennent en main. Nous enseignons la polyculture avec l'aide de volontaires français pour permettre aux Carians, mal préparés à la ville, de rester dans les villages. Ils développent ainsi une petite économie et diversifient leur nourriture car beaucoup souffrent de carence alimentaire ». Outre la Thaïlande, Secours des Hommes oeuvre en Egypte, dans les bidonvilles du Caire et à Madagascar. L'association s'investit aussi en République Démocratique du Congo, en aidant Soeur Marie-Thérèse Pallier qui s'occupe d'un dispensaire dans la région d'Isangui. « Les dispensaires sont souvent l'unique moyen pour les gens de se faire soigner, explique Pascal Eveilleau. Dans beaucoup de cas, les religieuses sont les seules personnes aptes à réagir sur place auprès des villageois. Leurs congrégations sont présentes depuis des décennies. Elles-mêmes ont accepté de vivre simplement ».

Militer dans une association humanitaire ne relève pas du hasard, mais de convictions personnelles, bien ancrées. Henri Pailler rend d'ailleurs hommage à Pascal Eveilleau, homme, confie-t-il, « emprunt d'une grande générosité et de coeur, très sensible au don ». Au quotidien, le président de Secours des Hommes ne peut s'empêcher de comparer le mode de vie des occidentaux à celui des populations pour certaines très reculées, que l'association assiste via ses correspondants sur place. Ses réflexions le mettent mal à l'aise. Les fêtes de fin d'année sont, pour cet ancien responsable des Scouts de France sur la paroisse de St Marc à Brest, le moment privilégié pour s'interroger sur la notion de superflu. Plutôt adepte de la « bourse » aux jouets que de la « course » aux jouets, il convainc petit à petit ses proches de n'offrir qu'un seul cadeau à chacun des enfants le soir du 24 décembre. « La vie est simple chez les Carians, fait remarquer Pascal Eveilleau : une case de 20 m2 en terre battue suffit pour loger une famille. Tout le monde mange dans le même plat avec les mains. Bien sûr, on ne peut pas reproduire cela ici, mais ça donne à réfléchir. A Secours des Hommes, nous sommes heureux quand nous savons que par nos actions, nous avons apporté du mieux-être à une population ». Le 2 janvier 1993, un jeune thaïlandais que le Père Tygréat avait pris sous son aile remerciait en ces termes l'association, dans un courrier à ses marraine et parrain : « c'est grâce à la grande générosité de chacun d'entre vous, que le Père a pu offrir autant de cadeaux. Quelle joie ! »

On l'aura compris, s'il y contribue, l'argent ne fait pas le bonheur pour Pascal Eveilleau. L'important, c'est l'usage, et non ce que les objets représentent. Les voitures de luxe, et notamment les 4x4 qui inondent nos routes bien bitumées devraient, à son avis, recevoir la palme de l'indécence. « Ces bolides, expression dans nos sociétés d'un niveau de vie élevé, ont le tort de polluer la planète et c'est inacceptable » lâche-t-il. A cet égard, le président de Secours des Hommes plaide pour un plus grand effort dans le développement des énergies vertes comme le bio-éthanol et l'éolien. Chez lui, il applique scrupuleusement ses théories en matière d'environnement. Par exemple, il a récemment changé, ou plutôt modifié les menuiseries de sa maison. « J'ai mis un double-vitrage à haute performance thermique, mais gardé le châssis en bois exotique. Je ne l'ai pas remplacé par du PVC car il faut beaucoup de pétrole pour en fabriquer. Si je veux que mes trois enfants vivent sainement, je dois leur laisser un environnement lui-même sain. Ce comportement est lié à ma foi ».

S'il est une activité qui exige beaucoup de concentration et de patience, c'est bien le travail manuel. Pascal Eveilleau ne reste jamais inactif puisque pendant ses loisirs, il prend plaisir à fabriquer des maquettes de maisons et des cadres en bois pour habiller son intérieur. Le fait de mettre la main à la pâte confère, selon lui, une grande valeur affective aux choses, pour les personnes qui les reçoivent pour leur anniversaire par exemple. Quand il ne s'occupe pas de la préparation au baptême sur la paroisse de Guipavas, le président de Secours des Hommes s'en va faire quelques kilomètres à vélo, autour du bourg. Il pratique aussi l'aviron de mer, sur l'Elorn et dans la rade, histoire, là encore, de faire travailler son corps et d'oublier son quotidien, pour se recentrer sur l'essentiel. Car Pascal Eveilleau l'avoue : « je suis un peu tête-en-l'air, j'ai souvent besoin de me changer les idées ».

Contact :
Secours des Hommes, Pascal Eveilleau, 11 rue des Bergeronnettes, 29490 Guipavas. Tél : 02 98 41 62 17. L'association compte 200 adhérents et pour financer ses actions, elle organise chaque année une foire aux puces, le troisième dimanche d'octobre, et un repas asiatique en avril.

Christophe Pluchon

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commentaires

Lauren E 24/04/2007 18:06

Le site de l'association est en train de se construire, il est en ligne mais des modifications y sont souvent apportées, à voir!
=> http://secoursdeshommes.wifeo.com