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12 novembre 2006 7 12 /11 /novembre /2006 22:34

Christophe Ropers, enseignant d'anglais à l'Université de Bretagne Sud, travaille depuis plusieurs mois déjà à la réalisation d'un corpus du breton parlé. L'objectif est de créer une méthode d'apprentissage multimédia libre et gratuite qui serait un pas de plus vers la conservation de ce patrimoine immatériel qu'est la langue bretonne, et qui intégrerait ce qui manque aux autres méthodes : l'accent.

« Pour l'oral, explique Christophe Ropers, le corpus est une collection d'enregistrements, de transcriptions faits à un certain moment, de manière électronique, dans le but d'être analysés par un ordinateur ». Par le passé, on s'est rendu compte que les bretonnants produisaient certains types de phrases quand ils étaient en présence de linguistes. « Le paradoxe, note l'enseignant, c'est qu'ils ne les auraient jamais prononcées en leur absence, dans une conversation toute simple par exemple. Aujourd'hui, on a changé notre fusil d'épaule : on laisse les gens parler, et les linguistes sont rarement là pendant les enregistrements ».

Pour avoir un aperçu assez large d'une langue, il faut aussi avoir beaucoup de données disponibles la concernant. « Nous avons remarqué que seulement quelques mots revenaient souvent dans les conversations, ajoute Christophe Ropers. Comme il est impossible d'analyser les phrases manuellement, la machine fait les calculs statistiques sur la présence des mots. Nous détenons une cinquantaine d'heures d'enregistrements prêts à transcrire. Beaucoup ont été faits par les médias. En général, ce sont ceux qui nous intéressent le plus, mais nous n'y avons pas facilement accès à cause de problèmes de droits ».

Le souhait de Christophe Ropers, c'est de créer un petit logiciel de synthèse vocale capable de prononcer, avec l'accent, des phrases en breton. Il pourrait prendre la forme d'une fenêtre à l'écran de l'ordinateur, à l'intérieur d'une méthode multimédia. « L'intonation dépend beaucoup de la manière dont on groupe les mots ensemble, ajoute l'enseignant. La synthèse vocale travaille syllabe par syllabe, alors qu'on peut pré-programmer des mots si on connaît les probabilités que telle ou telle syllabe se trouve avant ou après telle ou telle autre. Ainsi, la voix est moins robotique et les intonations sont meilleures ».

Le professeur d'anglais se dit conscient des différences dans la manière de parler breton, selon que l'on se situe dans le Léon ou dans la région de Vannes. « Pourtant, à la base c'est le même breton, explique-t-il, mais on ne se comprend pas toujours à cause de l'intonation différente. Nous avons retenu les deux grands dialectes que sont le Léon-Trégor-Cornouaille et le Vannetais ».

Christophe Ropers, qui est originaire d'Hennebont, est lui-même bretonnant. A son avis, le breton est l'une des seules langues européennes « riche d'un point de vue phonétique, grammatical, phonologique et dans la tradition littéraire ».

Contact : 02 97 87 29 20 ou christophe.ropers@univ-ubs.fr


Christophe Pluchon

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