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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 22:23

« Nous avons quitté notre pays parce que je voulais que tu grandisses libre ». Il arrive un moment où les enfants demandent des comptes. Et cette dernière phrase du livre, co-écrit par Pauline Guéna, résume à elle seule le combat de Sakinat Amiralieva et de sa fille Patimat, qui fêtera son septième anniversaire le 1er février prochain. Symboles du combat des sans-papiers, prises en charge par un dynamique comité de soutien à Brest, les deux femmes bénéficient d'une autorisation provisoire de séjour depuis le 18 juillet dernier. Après avoir été cachée dans des familles pendant quatre mois (parce qu'on ne peut pas, en France, expulser une mère sans son enfant), Patimat a ainsi pu faire sa rentrée le 4 septembre, comme les autres, à l'école Jean Macé.


En 1999, Sakinat la musulmane ne veut toujours pas se faire imposer un homme qu'elle n'a pas choisie. Elle décide de faire un bébé toute seule. « C'était plus fort que la peur, se souvient-elle. En donnant naissance à ma fille, je m'étais condamnée à vivre ». Au Daguestan, (République de la Fédération de Russie depuis 1991), c'est la religion qui est aux commandes. Ainsi, avoir un enfant sans être mariée, ou même de simples relations sexuelles avant l'union, est puni par les lois islamiques. Professeur de russe, Sakinat est licenciée pour immoralité et doit s'enfuir. Sous une fausse identité, la mère et la fille se réfugient en Allemagne, avec pour seuls bagages, des vêtements et un petit pot en plastique. Elles sont renvoyées de centre d'hébergement en centre d'hébergement. La demande d'asile leur étant refusée, elles passent la frontière et gagnent Nantes, puis Brest. « J'ai vu qu'on ne pouvait pas aller au-delà. Si j'échouais là encore, je saurais alors qu'il n'y avait pas de solution, ce serait la fin de ma grande et chaotique histoire » raconte l'émouvante Sakinat.

« Vivre libre avec ma fille » de Sakinat Amiralieva est publié chez Robert Laffont (19 euros).

Christophe Pluchon

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