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4 novembre 2005 5 04 /11 /novembre /2005 11:07
La pop-électro de son premier album, « Rejoin me » est le résultat de coups de gueule, de voyages et de rencontres merveilleuses. A 22 ans, cette jeune femme aux longs cheveux châtains clairs, dont l'adolescence fut bercée par les synthés de Cure et les mots de Gainsbourg, est aussi fan de Christophe Miossec. D'ailleurs, elle l'avoue : « il a la voix, les textes, la musique, une atmosphère bien à lui : j'adorerais jouer avec cet artiste complet ! »


Originaire de Garlan, près de Morlaix, Gwladys n'est pas seulement une chanteuse au timbre de voix doux et mélodieux : comme Miossec, elle compose paroles et musique, mais elle joue aussi du piano. Des qualités fort appréciées aujourd'hui, et qui justifient que l'on cherche à mieux comprendre le parcours de cette étudiante en lettres modernes à la faculté de Rennes. Lauréate de nombreux tremplins musicaux dans la région, elle a soufflé ses bougies le 14 octobre, une semaine après la sortie du disque. Alors, avec quelques jours de retard, bon anniversaire Gwladys !

«Le W dans mon prénom ? C'était un souhait de ma mère, à ma naissance ». Gwladys Goasdoué n'est pas peu fière de ce petit rajout qui donne une connotation celtique et originale à son nom d'artiste. Avec un large sourire, le même que sur la jaquette du disque, elle remercie : « on m'a souvent dit entendre des influences irlandaises dans ma façon de chanter ». Ses sources, Gwladys les puise en partie au pays du uillean pipe, malgré une éducation musicale très rock, et dans les sonorités d'Afrique du Nord. « Mon père et ma mère ont toujours été très ouverts, dit-elle ». Et si l'Islande n'est pas l'Irlande, certains auront aussi noté des similitudes avec Björk, surtout quand ses mots sont ceux de la langue de Shakespeare. « C'est dur de chanter en français, les choses que l'on veut garder pour soi, car tout le monde comprend ! » commente la pudique Gwladys. De fait, impossible d'en savoir plus sur sa dernière composition, une chanson d'amour. « C'est personnel » répond-t-elle, confuse.

Gwladys découvre le piano à l'âge de huit ans, encouragée par ses parents, mais elle garde un mauvais souvenir de cette expérience : « ma professeur n'était pas proche de moi. Je n'arrêtais pas de pleurer en revenant des cours. J'ai arrêté au bout d'un an » explique-t-elle. Depuis une dizaine d'années, la jeune artiste a pourtant renoué avec cet instrument, grâce au même professeur particulier ! Et de sa première prestation en public, elle s'en souvient comme si c'était hier. « C'était aux pianos Valat, à Morlaix. J'étais toute petite, je chantais faux, mes parents m'avaient filmé, à l'époque, c'était horrible ! » rougit-elle. Aux leçons de piano se sont naturellement greffés les cours de chant. « J'écris des poèmes depuis mes douze ans, avoue Gwladys. Je n'ai jamais tenu de journal intime, mais j'ai toujours voulu raconter mes petites histoires, ce qui m'arrivait. Apprendre à chanter m'a permis de mettre en musique mes textes, et ceux de grands noms comme Brel. J'ai découvert les paroles de ses chansons dans mon grenier, voici assez longtemps ». Le chant, une psychanalyse ? « Au début sans doute, mais aujourd'hui j'éprouve un réel plaisir sur scène  » avoue-t-elle.

Les chansons de Gwladys parlent des guerres, de l'environnement, de moments passés avec d'autres, de séparations aussi. Le titre « Zorah », par exemple, la renvoie à son enfance, quand, petite, elle sillonnait le Maroc à bord du camping-car familial. « Un soir, devant un couscous, une femme nous a raconté son histoire, dit-elle. Je ne l'ai pas retracée exactement, mais j'ai voulu montrer les changements de vie, ce qui a pu arriver à ces gens du Maroc ou d'ailleurs quand le père ou le mari a du partir travailler en France, et que sa famille a suivi. Mais finalement Zorah s'en sort bien, elle est épanouie parce qu'elle s'est construite une personnalité grâce à sa double nationalité ». Et lorsqu'elle rentre au pays, « elle retrouve enfin ses étoiles »...

En 2004 à Saint-Malo, Gwladys remporte, avec le groupe Pleyad, le Tremplin des Jeunes Charrues. Depuis, une partie de la formation l'accompagne régulièrement. « Nous recherchions une chanteuse, se souvient Yann Royer, guitariste et choriste. Sa voix nous a séduit, c'était assez bluffant : qu'elle chante fort ou doucement, elle réussissait à exprimer ses sentiments ». « Aznah », le troisième titre de l'album, est un fabuleux exercice de style, Gwladys assurant elle-même, grâce à la magie du studio, les choeurs sur sa propre voix. Mickäel Bagot, spécialiste des pads, ces petits arrangements électroniques particulièrement efficaces dans « Sad Song », se réjouit de la complicité que Pleyad entretient aujourd'hui avec la chanteuse. « Sur scène, on improvise souvent. On se connaît assez pour expérimenter des choses ». Hochement de tête de Gwladys : « ils m'ont apporté une ouverture musicale, des couleurs que je n'avais pas forcément à l'esprit ». Batterie, saxophone, violon et violoncelle font aussi partie de la formation. Jean-Pierre Riou, l'un des musiciens de Red Cardell, fait même vibrer les cordes de sa guitare électrique sur « My Love » : « Ses textes et sa musique sont sincères, dit-il. Le mélange piano-voix témoigne d'une belle assurance. A elle maintenant de confirmer tout ça sur scène pour faire vivre les chansons de l'album ».

Cette fille, qui sait ce qu'elle veut, n'aura sans doute aucun mal à s'imposer dans le milieu de la musique, selon ses proches. « Elle a du caractère : quand ça l'embête, elle n'hésite pas à le dire ou à le faire sentir, on la comprend très vite » sourit Yann Royer. « Je vais souvent dans les extrêmes, j'ai du mal à gérer parfois, mais j'aime bien que ça bouge » lui répond Gwladys  du tac-au-tac. Confirmation avec ses parents, Maurice et Françoise : « elle est aussi très perfectionniste, souvent insatisfaite du travail accompli. Mais elle est gentille, tendre, attentionnée et studieuse ». Ouf !

Ce premier album « Rejoin me » a été enregistré et mixé par Nicolas Rouvière au studio Le Chausson, dans les Côtes d'Armor. Gwladys l'accueille d'abord comme une carte de visite pour les festivals et les radios. « C'est plus propre que les maquettes » dit-elle. Cela ne l'a pourtant pas empêchée d'être l'invitée de Stéphane Bern, l'an dernier sur France Inter dans l'émission Le Fou du Roi. Et puis, le CD a, curieusement, encouragé Gwladys à passer à d'autres compositions : trois ou quatre sont déjà dans ses tiroirs.

« Je veux faire de la musique par plaisir » revendique la jeune artiste, qui a ainsi trouvé son équilibre. Dans la chanson « Solidaire », n'écrit-elle pas qu'elle aime la vie quand tout va bien ? « C'est comme un sportif qui se ressource dans l'effort, se félicite son père. Gwladys a la clé de son avenir. Nous l'encourageons dans le sens où elle nous paraît se sentir le mieux possible ». Et ça tombe bien, puisque l'un de ses rêves, c'est de vivre un jour de sa passion, sans pour autant abandonner les études. « Je prendrai des cours par correspondance » dit-elle. Et si le succès n'est pas au rendez-vous, Gwladys la littéraire ne désespère pas de faire carrière dans l'Education Nationale, comme professeur de français.

L'album « Rejoin me » est sorti le 6 octobre 2005 chez Avel Ouest. Il est distribué par Coop Breizh.


Christophe Pluchon

Site internet : gwladys.gwadisa.free.fr
 

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