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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 22:17

Ce dimanche 20 septembre 2009, l'association « Aux Goûts du Jour » organise la 3è édition des Rencontres du Développement Durable à Locmaria-Plouzané. Emmeline Verriest dirige cette structure chargée d'éduquer à la consommation responsable.

 

Ecouter l'interview diffusée sur RCF Rivages :


 

Du haut de ses 29 ans, Emmeline Verriest en connaît un rayon sur les pratiques de l'agroalimentaire et des grandes surfaces. Elle intervient sur le mieux-consommer dans les écoles, les maisons de retraite, auprès des comités d'entreprise et dans les salons. «  Nous sommes une association d'éducation, pas des militants. Nous ne prenons pas partie en disant que les produits industriels sont mauvais. Les entreprises bretonnes travaillent globalement très bien. Notre rôle est d'expliquer ce que l'on trouve dans nos assiettes et comment améliorer leur contenu » dit-elle.

L'association « Aux Goûts du Jour » est née il y a quatre ans, de la volonté d'un groupe d'étudiants issus d'une formation en alternance en ingénierie agro-alimentaire à Quimper*. « J'ai suivi cette formation à la suite d'un BTS Agroalimentaire. Mes stages dans une laiterie et dans une conserverie m'ont permis de voir comment se fabriquaient les produits alimentaires. Je peux ainsi en parler en tout état de cause ». Emmeline Verriest avoue avoir été motivée par les interrogations du public sur les OGM et la crise de vache folle. « On s'est dit qu'il manquait une structure capable d'expliquer la situation aux gens. Il y avait bien des associations écologistes et des associations de consommateurs, mais aucune d'entre elles ne pouvait apporter des réponses d'un point de vue scientifique ». L'engouement fut tel qu'«Aux Goûts du Jour » rayonne désormais sur la Bretagne historique en faisant travailler quatre personnes.

Pendant ses interventions, l'association met beaucoup l'accent sur le côté pratique, le visuel. Emmeline Verriest compte sur la capacité d'analyse et le rôle de prescripteur des enfants auprès des adultes. Le message n'a aucun mal à passer, quand elle leur explique que pour lutter contre les emballages inutiles, il vaut mieux acheter de grands conditionnements. « Je prends des exemples que tout le monde connaît. Celui de la poudre chocolatée pour le matin, dans sa boîte jaune, est parlant. Elle est disponible en au moins deux formats, un kilo et 250 grammes. Il est plus intéressant d'acheter la boite d'un kilo pour produire moins de déchets. De toute façon, bien fermée, la poudre se conservera car c'est un produit sec. C'est la même chose pour les pâtes et le riz ». Les marques, qui ont compris que de plus en plus de personnes s'interrogeaient sur leur consommation alimentaire, jouent le jeu des grands conditionnements. « Ils ne sont pas réservés aux seuls restaurants, et en plus on fait des économies financières. Le meilleur déchet, c'est celui que l'on n'a pas produit » explique Emmeline Verriest.

Cette question du marketing, de l'effet de mode occupe une part importante des interventions de l'association « Aux Goûts du Jour ». Elle prouve que les habitudes et les à priori sont extrêmement durs à casser. L'exemple du sirop de menthe est significatif. « Nous sommes influencés par les couleurs, dit la jeune femme. C'est pour cela que le sirop de menthe est vert foncé. Pourtant, dans la réalité, les feuilles de menthe concassées et diluées à l'eau ont une teinte beaucoup plus claire. Une marque a commercialisé un sirop sans colorant. Ce fut un flop commercial. Aujourd'hui, seul le sirop biologique en est exempt ».

Emmeline Verriest, dans les écoles, essaie aussi d'éveiller l'esprit critique des enfants pour qu'ils puissent juger par eux-mêmes du bien-fondé des messages publicitaires. « La télévision montre des gens en pleine forme qui ont consommé de la pâte à tartiner. Ils courent et font du vélo par exemple. Pourtant, ces produits contiennent énormément de sucre et de matières grasses végétales. Ce n'est pas si bon que ça pour la santé. Nous disons aussi qu'au lieu de consommer des aliments dans lesquels ont été ajoutés des vitamines, autant manger directement des fruits ».

L'association informe également sur la possibilité de boire de l'eau du robinet au lieu de l'eau en bouteille. « C'est un gain d'argent, proche de 150 euros par an et par personne. L'eau du robinet est traitée, et il n'y a pas de risque pour la santé ». Quand aux emplois qui pourraient être perdus, si l'on se mettait à en consommer en masse, « ils pourraient être déployés dans d'autres secteurs », selon la directrice d'« Aux Goûts du Jour ».

Une autre des actions de l'association est de montrer comment on peut s'abstenir de produire puis de jeter une quarantaine de kilos de papier chaque année. Le précieux sésame est l'autocollant Stop Pub que l'on colle sur sa boîte aux lettres. « Ce sont souvent les promotions des mêmes magasins que l'on feuillette. On peut trouver le dépliant de la semaine suivante en allant faire ses courses. Il est aussi possible d'aller sur internet le consulter » argumente Emmeline Verriest. Si elle ne peut pas empêcher les personnes pour qui c'est une forme de passe-temps de regarder les publicités papier, « Aux Goûts du Jour » leur donne des clés de compréhension afin qu'ils fassent évoluer leur comportement.

Robert Boucher, adjoint au maire de Bourg-Blanc chargé de la vie associative, soutient à fond la démarche de l'association. Les premières éditions des Rencontres du Développement Durable se sont déroulées dans sa commune. « Quand j'ai rencontré Emmeline Verriest, dit-il, j'ai été impressionné par son dynamisme et son talent. J'ai tout de suite été convaincu du bien-fondé de sa méthode, notamment d'associer les grands-parents aux animations, car ils ont connu une jeunesse sans gaspillage. La population est sensible au respect de l'environnement. Il faut des personnes comme Emmeline pour faire changer les habitudes. Un choix réfléchi et convaincu vaut mieux que toutes les taxes ».

La définition que donne du développement durable la co-directrice de l'association « Aux Goûts du Jour » rejoint la question du comportement des consommateurs. « C'est de se dire que l'on n'est pas seuls sur terre. C'est ne pas être égoïste. On peut profiter de la vie à 300% tout en adoptant certains principes ». A son domicile, face à la mer d'Iroise, Emmeline Verriest essaie au mieux d'appliquer les messages qu'elle véhicule aux enfants et aux adultes. « Je sais quels composants il faut éviter dans les produits que j'achète et je regarde souvent les étiquettes » dit-elle. Cette passionnée de voyages (elle a une famille très dispersée) est aussi une fan de musique. Jadis, elle a joué de la guitare dans un groupe de rock, après être passée par le conservatoire.

 

« Les rencontres du développement durable », ce dimanche 20 septembre 2009 de 10h à 18h au complexe sportif de Keralaurent à Locmaria-Plouzané. Parmi les animations proposées, des essais de vélos à assistance électrique, des démonstrations de cuisine biologique, ou encore de la fabrication de meubles en carton. L'entrée est libre. Renseignements sur internet : www.association-alimentation.fr/

 

 

* « Formation d'Ingénieur en Partenariat » dispensée par l'UBO et l'IFRIA.

 

 

Christophe Pluchon

 

Ecouter l'interview diffusée sur RCF Rivages :


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commentaires

Nicolas 15/12/2009 06:11


Bonjour,

Je découvre votre blog il est intéressant beaucoup de choses à voir.

Bonne journée
Nicolas