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  • : Christophe Pluchon. Journaliste et photographe dans le Finistère, je parcours le département à la recherche des plus beaux paysages, naturels et patrimoniaux (tirages disponibles à la vente). Je vous propose aussi sur ce site, la lecture de quelques-uns de mes articles, parus dans l'hebdomadaire Courrier du Léon-Progrès de Cornouaille et diffusés sur la radio RCF Rivages.
  • : 28/08/2006
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J'ai investi dans un bon appareil mais mes photos sont floues, mal cadrées ! Inutile de chercher midi à 14 heures... Lisez-donc ce qui suit si vous voulez progresser à coup sûr dans la photographie.

Voici les chapitres que je me propose de développer :

- les différents types d'appareils,

- le choix de l'objectif, de l'ouverture et de la vitesse d'obturation,

- le flash et les accessoires,

- comment faire le point et cadrer son sujet.

 


 

1. Les différents types d'appareils

Aujourd'hui, on peut considérer qu'il existe sur le marché trois types d'appareils, qu'ils soient numériques ou argentiques (= à pellicule) : les bridges, les compacts et les reflex. D'autres systèmes, télémétrique (ex. Leica M7), moyen-format (ex. Rolleiflex) et grand-format ont aussi leur place dans le coeur des photographes, passionnés et... fortunés.

Chacun de ces appareils a ses avantages et ses inconvénients.

Le système reflex est le plus complet puisqu'il autorise le changement de l'objectif, l'ajout de compléments optiques avec la possibilité de s'assurer d'un bon cadrage avant la prise de vue directement dans le viseur et sans décallage visuel. Inconvénient : il est plus encombrant que le compact qui lui, ne permet que trop rarement les effets créatifs (bien exposer quand on est à contre-jour par exemple). De plus, dans le cas d'un compact numérique, le zoom est souvent numérique et non-optique. Cela signifique que c'est l'électronique embarquée qui permettra de grossir l'image et non le système optique de l'appareil. Vous verrez beaucoup plus les pixels... Quant aux bridges, ils se situent entre les reflex et les compacts au niveau des possibilités.

Les appareils télémétriques sont prisés des professionnels du reportage car ils permettent avec l'oeil qui ne vise pas, de surveiller le sujet. Le point est fait quand deux images se superposent dans le viseur de l'appareil grâce au télémètre. Il est en revanche difficile de faire de la macrophotographie avec un appareil télémétrique car, comme pour un compact argentique, l'image obtenue dans le viseur ne sera pas exactement celle qui sera enregistrée sur le film ou sur la carte numérique (décallage visuel). De plus, la mise au point est rarement inférieure à 80 cm avec un objectif 50 mm (contre 45 cm pour un reflex argentique).

Si la photo avec un appareil télémétrique argentique vous tente, on trouve régulièrement des appareils pour quelques euros sur eBay et dans les brocantes. La qualité est en général excellente car la focale est fixe et très ouverte (pour prendre des images quand la lumière vient à manquer). Quelques exemples parmi ceux que je possède : Canonet QL17 GIII et Yashica Electro 35 GTN (voir la photo)... Tous deux datent des années 70.

 

Je ne m'étale pas sur les appareils de type moyen-format et grand-format argentiques : avec ceux à visée à deux objectifs par exemple, on obtient une image carrée inversée (genre Rolleiflex). Le film utilisé est de format 120 (ou 220) et non du 135. La qualité d'image est franchement meilleure car on a moins besoin d'agrandir le négatif vu que celui-ci est plus grand à la base.

Il est dommage que le format 120 ait été abandonné. Je l'utilise personnellement mais nous ne sommes plus très nombreux. Là encore, vous pouvez vous lancer pour quelques dizaines d'euros avec du matériel ancien et des pellicules achetées par correspondance si votre détaillant n'en a pas. Il est ensuite très facile de scanner ses films avec un scanner à plat pour imprimer ou faire tirer les photos.

 


 

2. L'objectif, l'ouverture et la vitesse d'obturation

Avec le système d'exposition, le choix de l'objectif est le plus important pour un appareil argentique. Pour un numérique, il faut en plus faire attention à la qualité du capteur.

Plus un objectif est ouvert, plus il est en capacité de faire des images nettes par faible luminosité.

En gros, les valeurs d'ouverture de diaphragme se répartissent ainsi : 2 - 2.8 - 4 - 5.6 - 8 - 11 - 16 - 22. Elles sont indiquées sur la bague ou dans le viseur. Un objectif ouvert à 5.6 sera deux fois moins lumineux que son homologue ouvert à 4.

Ces critères sont très importants à prendre en compte car à 1:5.6 il faudra que l'appareil adopte une vitesse d'obturation plus lente qu'à 1:4 pour que la même quantité de lumière vienne exposer le film ou le capteur numérique.

L'ouverture conditionne aussi ce qu'on appelle la profondeur de champ. Plus l'objectif est ouvert, plus le flou est important à l'arrière-plan. Cela est idéal pour les portraits, mais attention de ne pas bouger ! En effet, pour un objectif de 50mm par exemple, il est recommandé de ne pas descendre à une vitesse plus basse que 1/60è de seconde à main levée (soit à peu de chose près l'inverse de la focale). Idem pour un téléobjectif : au 200mm par exemple, choisissez si l'ouverture de votre objectif le permet, une vitesse d'obturation de 1/250è de seconde ou mieux de 1/500è de seconde, sous peine de flou (notez que les stabilisateurs numériques permettent de gagner une ou deux vitesses).

Pour pallier le manque d'ouverture des objectifs, on utilise volontiers des films dits rapides (à partir de 400 ISO). Entre un film à 100 ISO et un film à 200 ISO, il y a une valeur d'obturation. Cela signifie que vous gagnez une valeur d'ouverture de diaphragme, et deux valeurs si au contraire vous mettez dans l'appareil un film de 400 ISO. Mais le grain du film est plus important avec un film de 400 ISO, 800 ISO etc... qu'avec un film de 200 ou de 100 ISO (voire 50 ISO pour certains).

Quid de Ia qualité maintenant ? Les focales fixes représentent certainement le meilleur investissement pour celui qui veut faire des images exemptes de déformations ou d'aberrations. C'est aussi le meilleur choix car elles sont ouvertes à 1:2, 1:1.8 voire 1:1.4 ou 1:1:2 (très rare) pour les plus onéreuses.

Le zoom quand à lui, évite de se déplacer pour prendre une image. A l'inverse, il est moins ouvert et souvent moins coûteux à l'achat aussi. La qualité des images qu'il fournit est discutable en terme de piqué (sensation de netteté) surtout aux deux plus grandes ouvertures.

Ci-dessous : le reflex Pentax MZ-50 avec un objectif Pentax autofocus 50mm (ouverture F 1:1.7) et deux zooms (28-70mm F 1:4 constant de marque Pentax, et 80-200mm F 1:3.9 constant, de marque Tokura).

 

Pour terminer ce chapitre, évoquons les types d'exposition généralement rencontrés sur les appareils photo. Pour simplifier, nous ne retiendrons que l'exposition automatique, l'exposition semi-automatique et l'exposition manuelle.

En exposition automatique, c'est l'appareil qui fait tout, l'utilisateur n'a le choix ni de la vitesse, ni de l'ouverture. C'est souvent le cas des compacts.

En exposition semi-automatique, pour une vitesse proposée par l'appareil, vous pouvez choisir le diaphragme, ou l'inverse, pour une ouverture proposée, c'est à vous de choisir la vitesse.

En exposition manuelle enfin, vous avez le choix de la vitesse et de l'ouverture. En cas de contre-jour par exemple, vous pouvez plus facilement doser la lumière. Il faut savoir en effet que les cellules proposent une mesure pour un sujet aux valeurs moyennes, ni trop blanc, ni trop noir (gris neutre). Si votre sujet principal est trop clair ou trop foncé, la cellule sous-exposera ou sur-exposera et votre image sera soit trop claire, soit trop foncé. Pour éviter cela, vous devrez donc modifier les valeurs proposées par l'appareil d'un ou deux points (IL) en plus ou en moins.

Par exemple, dans le cas d'un paysage neigeux, la cellule vous induira en erreur (le rendu de la neige sera bleu) car elle n'exposera pas suffisamment (elle se croira éblouie, donc elle proposera une vitesse trop rapide). La neige possède un coefficient de reflectance très important et il vous faudra baisser de deux valeurs l'exposition : par exemple, pour une vitesse proposée de 1/500è de seconde, vous devrez régler l'appareil sur 1/125è de seconde sans changer la valeur de l'ouverture (ou bien augmenter l'ouverture de deux valeurs pour faire entrer plus de lumière, sans changer la vitesse, par exemple passer de F16 à F8 tout en restant à 1/500è de seconde).

Dans le cas contraire, si le sujet principal est trop sombre et qu'il ne reflète pas suffisamment de lumière par rapport au gris neutre (exemple d'un cheval noir par exemple), vous serez contraint d'augmenter la vitesse pour faire entrer moins de lumière (passer de 1/30è à 1/125è par exemple) ou de fermer le diaphragme d'une ou deux valeurs sans toucher à la vitesse.

Pour éviter tout problème, n'hésitez pas à faire une ou deux images supplémentaires en changeant les valeurs de diaphragme ou de vitesse (cette manoeuvre s'appelle le "bracketing"). 

 

 

3. Le flash et les différents accessoires

Aujourd'hui, sur la plupart des reflex, le flash est dit TTL ("Through the lens", "à travers l'objectif"). L'exposition sera bonne même si vous ajoutez un filtre, alors qu'avec un compact (sauf exception), cette mesure se fait à travers une cellule située à côté de l'objectif (et sur le flash lui-même dans le cas d'un reflex non-TTL).

Si votre flash est TTL et que votre appareil est compatible (attention aux marques !) alors vous n'avez, dans la plupart des cas, pas à vous préoccuper de quoi que ce soit pour bien exposer votre image.

Les autres flashs sont manuels, ou automatiques à computer. Ceux à computer sont les plus répandus parmi ces deux catégories. Il suffit de reporter sur votre objectif le diaphragme proposé par le flash (interrupteur ou molette à l'arrière) selon la sensibilité du film, la distance du sujet mais aussi selon le nombre-guide du flash. Il s'agit en fait de sa puissance : pour un nombre-guide 22, vous pourrez par exemple utiliser le diaphragme F5.6 à 4 mètres (5.6x4 égal en gros 22).

Ci-dessous : un flash TTL et un flash à computer.

 

 

Après le flash, citons quelques accessoires que tout photographe se doit d'avoir dans sa sacoche.

Le filtre UV, tout d'abord, s'il n'est pas indispensable car tous les objectifs aujourd'hui sont traités, il protège efficacement la lentille avant des embruns et du sable.

Le pare-soleil permet comme son nom l'indique, d'éviter les rayons de côté.

Et puis il y a le filtre polarisant. Il est utilisé pour améliorer le rendu d'un ciel et supprimer les effets du soleil sur les parties métalliques d'un objet ou les toitures. L'utilisation du filtre polarisant est conseillée avec un objectif bien ouvert car on perd 2 valeurs de diaphragme.

Les bonnettes macro, des bague-allonges... pour faire de la macrophotographie (photographier les insectes).

Le pied, celui-ci doit-être stable mais pas forcément lourd pour être transporté.

La petite brosse pour nettoyer les poussières (ou mieux une soufflette) et des lingettes qui n'agressent pas le revêtement anti-reflet de l'objectif.

Des piles de rechange, des pellicules, des cartes-mémoire...

 


 

4. Faire le point et cadrer son sujet

Ces deux aspects sont essentiels. En effet, les photos floues n'ont pas bonne presse en général, et bien cadrer son sujet, c'est aussi l'assurance de réussir une image intéressante d'un point de vue graphique.

Pour faire le point, rien de compliqué, car aujourd'hui presque tous les appareils sont autofocus : malheureusement, la majorité d'entre eux assurent une mise au point au centre de l'objectif. Si votre sujet principal, un enfant par exemple, est décentré, il y a de grandes chances pour que l'appareil assure sa mise au point sur la maison du fond et non sur l'enfant.

Pour éviter cette déconvenue, vous avez deux solutions : soit demander à l'enfant de venir au centre de l'objectif, soit faire la mise au point sur lui et la mémoriser en enfonçant par exemple le déclencheur à mi-course.

Le cadrage du sujet est primordial dans ce cas, mais c'est très subjectif car cela dépend de la manière dont notre oeil travaille. Il est essentiel d'apprendre à tourner autour du sujet, à regarder les formes et les couleurs, à imaginer la photographie imprimée. Ce n'est qu'ensuite vous choisirez votre objectif. Cela peut paraître un détail, mais on n'appréhende pas son environnement de la même manière avec un zoom (objectif pour paresseux ?) qu'avec une focale fixe.

Différents types de cadrages s'offrent à vous selon votre sensibilité : le cadrage en hauteur, le cadrage horizontal, le carré, la mise en valeur d'un premier plan bien net... N'hésitez pas à vous accroupir pour tester de nouvelles perspectives, tout cela dans le respect de trois règles simples : ne pas placer le sujet principal au centre, ne pas travailler à contre-jour et entre 12h et 15 heures là où le soleil donne des ombres trop dures.


 

5. Pour en savoir plus

Dans ces différents chapitres, nous n'avons pas abordé la photo de nuit, et nous ne sommes pas rentrés dans les détails concernant la macrophotographie, la photographie d'astres, le fill-in au flash... J'espère que ces informations vous auront été utiles.

N'hésitez pas à me contacter pour de plus amples renseignements et à distribuer ce texte (photocopie, lien...).

 

Christophe Pluchon

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Vendredi 30 janvier 2009 5 30 01 2009 22:44
- Communauté : Photographes de Bretagne
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