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Paysages Bretons : photographies, portraits de Breton(ne)s, littérature et multimédia
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Christophe Pluchon. Journaliste et photographe dans le Finistère, je parcours le département à la recherche des plus beaux paysages, naturels et patrimoniaux (tirages disponibles à la vente). Je vous propose aussi sur ce site, la lecture de quelques-uns de mes articles, parus dans l'hebdomadaire Courrier du Léon-Progrès de Cornouaille et diffusés sur la radio RCF Rivages.
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Depuis près de deux ans, Gwénola Corbin redonne leur cachet d'origine aux tableaux malmenés par le temps. Les
musées, les comités de chapelle ou encore les particuliers font confiance à cette jeune femme de 32 ans agréée par le ministère de la culture.
La restauration de tableaux est un art exigeant, où précision et patience sont de rigueur. Ce travail implique aussi une grande responsabilité de la part de l'artisan qui travaille à chaque fois
sur des pièces uniques. « Pour les musées, on discute avec nos collègues conservateurs si on a des doutes sur les techniques à employer. La collégialité est toujours appréciée » confie
Gwénola Corbin. Avant toute rénovation en effet, un constat d'état est dressé, pour déterminer le traitement à effectuer en fonction de l'état de l'oeuvre.
La jeune femme appartient à la fédération française des conservateurs-restaurateurs, avec 1 500 autres collègues du textile, de la sculpture ou des métaux. Ce titre est parfois contesté par les
conservateurs de musées. « Ils considèrent que nous pourrions nous contenter de l'appellation de restaurateur. Je peux le comprendre mais comme eux, nous avons une connaissance de l'histoire
de l'art. Nous faisons de la conservation préventive, en contrôlant les conditions climatiques et en nous occupant du transport des tableaux. Nous faisons aussi de la conservation curative en
ralentissant la dégradation des oeuvres. Enfin, nous facilitons leur lecture pour le grand public » se défend Gwénola Corbin.
C'est à Fouesnant que cette jeune diplômée de l'école supérieure des Beaux-Arts d'Avignon* a installé son atelier. La pièce, aux allures de laboratoire avec ses bocaux colorés sur les étagères,
bénéficie de conditions de température et d'humidité quasi-idéales, pour ne pas détériorer encore plus les toiles. « Ce qui me plaît dans ce métier, c'est de manipuler les oeuvres de près,
et de toucher les matériaux. Nous sommes au service de l'oeuvre. Nous ne laissons pas notre patte quand nous la réparons, ni notre nom au dos. Ce n'est donc pas de la création artistique
pure ».
Ces dernières semaines, Gwénola Corbin s'est vue confier par un particulier une tableau représentant un paysage de forêt. Le tableau date du XIXè siècle et n'est pas signé. Il était très déchiré
et la toile était oxydée. La restauratrice a du réaliser un doublage pour tendre cette toile et lui faire retrouver la planéité. Il a ensuite fallu entreprendre une opération de nettoyage, en
retirant à l'aide de produits détergents dosés à différents degrés, les couches de graisse et de suie. Gwénola Corbin met en garde les particuliers tentés par les recettes de grand-mères pour se
débarrasser eux-mêmes des tâches. « Les gens utilisent de la pomme de terre. C'est à éviter car l'amidon reste sur la peinture et c'est une catastrophe à enlever ».
L'opération dite de dévernissage, ensuite, vise comme son nom l'indique à retirer les couches de vernis passées au fil des ans. On utilise des produits solvants dans la plupart des cas mais pour
un résultat plus précis, on se sert aussi des rayons ultra-violets. « Des laboratoires spécialisés, à Marseille, Nantes et Versailles, manipulent même les rayons X et font des analyses
micro-chimiques pour dater les tableaux » explique Gwénola Corbin.
La mise en peinture et le revernissage sont aussi des opérations délicates à mener. « Les restaurations opérées par les professionnels doivent être réversibles » souligne la jeune
femme. Ainsi, on devra pouvoir retirer les matériaux sans abimer l'oeuvre au moment d'une prochaine restauration, ou si l'on remarque que l'on s'est trompé. Les conservateurs-restaurateurs
préparent pour chacune des oeuvres qui passe entre leurs mains, un dossier précisant les différentes étapes de la rénovation, avec des photos à l'appui. C'est pour éviter les mélanges de matière
qu'on ne retouche pas à l'huile une peinture à l'huile. On évite aussi d'utiliser des pigments susceptibles de moisir, et on opte pour un châssis en aluminium quand l'oeuvre se destine à une
église ou une chapelle.
Comme vernis, on peut utiliser des résines synthétiques ou des matières naturelles comme la résine dammar qui jaunit rapidement et donne un aspect plus chaleureux. « Le vernis n'attaque pas
l'oeuvre. C'est une barrière de protection qui a un intérêt esthétique » dit Gwénola Corbin. Les dernières retouches sont parfois réalisées au moment de l'accrochage. Dans les musées par
exemple, il peut arriver qu'une oeuvre doive retourner à l'atelier à cause d'un vernis trop « clinquant », incompatible avec la lumière des spots.
Les scalpels, les lunettes-loupes, les outils de dentistes sont autant d'ustensiles utilisés par les conservateurs-restaurateurs. On trouve aussi dans leur salle de travail des spatules
chauffantes, qui permettent de ramollir les anciennes peintures pour les refixer, ainsi que des bâtis en aluminium, pour garder les toiles en extension, et des colles spéciales, comme la colle de
peau de lapin.
Depuis son installation, Gwénola Corbin a beaucoup travaillé pour d'autres professionnels, en Bretagne, pour les musées de Brest et de Quimper, mais aussi en Alsace et en Bourgogne. Elle s'est
aussi fait la main en rénovant des peintures murales, dans le choeur d'une église dans le sud de la France. « Nous avons mis trois mois à une équipe de six personnes » se souvient-elle.
Les conservateurs-restaurateurs facturent leurs prestations entre 350 et 400 euros hors taxes la journée. Ce montant peut paraître élevé, parfois beaucoup plus que la valeur vénale du tableau
lui-même, mais c'est le prix à payer pour garder en état un souvenir de famille par exemple.
Gwénola Corbin redonnera-t-elle vie un jour à une oeuvre peinte par un artiste de l'école de Pont-Aven ? C'est en tous cas l'un de ses souhaits. La jeune restauratrice avoue aussi un faible pour
Rembrandt et la peinture flamande, et pour les artistes contemporains et les matériaux qu'ils utilisent, comme le caoutchouc. « Au contact de l'oxygène, le caoutchouc se dégrade très
rapidement. On fait des recherches pour le consolider ». Artiste dans l'âme, Gwénola Corbin profite de ses loisirs pour coucher sur la toile ses propres ressentis. Elle s'exprime autant à
l'huile qu'à l'aquarelle.
* quatre écoles sont reconnues par l'Etat (l'institut national du patrimoine, la Sorbonne, les écoles des Beaux-Arts de Tours et d'Avignon). Elles délivrent le diplôme de niveau master de
conservateur-restaurateur d'oeuvres peintes. Ce titre permet de travailler pour les musées, les monuments historiques et les particuliers. Le diplôme passé dans les écoles privées ferme en
théorie la porte des musées.
C'est le nombre de visites reçues
depuis la création du site, le 28 août 2006. A toutes et tous, un grand merci !
A QUOI CA SERT, LES STARS ? 6 novembre 2009. Dans un sondage publié par le Journal du Dimanche, on apprend qu'Harry Roselmack et Marie Drucker sont les deux
journalistes préférés des français. J'ai du respect pour mes collègues, mais une défiance vis-à-vis des stars. Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette information
débile. Ce sondage a-t-il été commandé pour satisfaire le besoin qu'ont les moutons vivant dans notre société, de s'identifier à une
personne connue pour exister ? (ce qui prouverait encore une fois que Gilles Servat a raison quand il clame : "pour vous rendre muets, on vous donne des stars" dans sa chanson
"Chantez l'amour, la vie et la mort").
Dans mes sujets de reportage, je m'abstiens le plus possible de mettre en avant les gens qui ont déjà une certaine célébrité. Je laisse au contraire la parole aux nombreuses
personnes qui font des choses formidables et que l'on n'applaudit rarement !
Médias de tous poils, faites de même, élevez le niveau, bon sang !!!(et arrêtez de faire peur à tout le monde avec la grippe H1N1. La route est plus dangereuse : dites plutôt aux
automobilistes de mettre leurs clignotants dans les ronds-points, et d'arrêter de frimer avec les feux de brouillard... quand il n'y a pas de brouillard)
Céline Soun défend les identités culturelles bretonne et chilienne (06/05)
LES MAGAZINES
DE RCF RIVAGES EN ECOUTE (le Château
du Taureau en baie de Morlaix, les artistes de Camaret, l'histoire des radios libres du Finistère...)