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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 07:28

Chloé et Matthieu Violleau ont ouvert en 2005 les Ecuries de Kerrous, à Bodilis. Le centre équestre reçoit un public composé de débutants et de cavaliers confirmés. Un groupe de personnes handicapées suit aussi chaque semaine une séance d'initiation à la conduite de l'animal.


« Nos premiers clients sont aujourd'hui nos meilleurs cavaliers » ne se lasse jamais de confier Matthieu Violleau. La satisfaction se lit sur son visage : avec son épouse Chloé, la trentaine comme lui, il reprend il y a quatre ans les bâtiments et les terrains d'une ancienne exploitation spécialisée dans l'allaitement de veaux. « Nous nous sommes rencontrés au moment du monitorat, le brevet d'état d'éducateur sportif premier degré en activités équestres, dit-il. Nous avons été salariés pendant cinq ans avant d'arriver à Bodilis. Je suis originaire de Vendée. Chloé a des racines bretonnes puisqu'elle vient du Faou ». C'est grâce à sa mère que Matthieu Violleau s'est pris de passion pour les chevaux. « Elle montait quand elle était jeune mais elle n'avait pas eu l'occasion de poursuivre. Elle s'y est remise avec moi à mon adolescence ».

Aux Ecuries de Kerrous, les chevaux ne se nomment pas Starlight ou Comanche, comme dans la série TV « Grand Galop », mais plutôt Far West, Vera et Jumper. Les deux dirigeants du centre ont chacun leur spécialité. Chloé a développé les concours de dressage. Son mari, lui, s'intéresse plutôt aux épreuves d'obstacle. Le couple participe régulièrement aux championnats organisés en région. « Nous avons reçu des prix. C'est important pour l'image du club, et pour voir comment on se situe par rapport aux autres. L'un de nos objectifs, c'est d'assoir cette renommée » dit Matthieu Violleau. Le centre équestre possède quarante-quatre chevaux et poneys, et garde une douzaine d'équidés en pension. Il n'a ni chevaux purs sang, ni AQPS (« autres que pur sang ») capables de disputer des courses hippiques, mais uniquement des équidés de la race Selle Français et des grands poneys. Le club pratique aussi la reproduction : trois poulains y sont nés et l'une des juments est à nouveau pleine. Le couple envisage de mettre prochainement un terme à cette activité d'élevage. « Nous sommes en phase de stabilisation, par manque de place et de temps pour nous occuper convenablement des animaux » dit Matthieu Violleau.

Régulièrement, le club fait appel à des stagiaires, comme Marianne Breton, en première année de BEPA Elevage à la Maison Familiale de Landivisiau. « Je sors les chevaux, je nettoie les box, je fais les soins. J'utilise divers outils comme des cure-pieds pour enlever les cailloux des sabots, et des brosses plus ou moins dures pour nettoyer le poil » explique-t-elle. Ce jeudi de mars, la jeune femme doit seller des chevaux pour trois résidentes du foyer du Petit Lannouchen de Landivisiau, qui dépend de l'association Les Genêts d'Or. Une fois par semaine dans le manège, ce hangar de 700 m2 spécialement dédié à l'initiation, Virginie, Caroline et Florence font des tours avec leur monture. Cette « heure de cheval » est toujours très attendue par les personnes handicapées intellectuelles. « Les filles aiment toucher les animaux et leur parler. Elles changent souvent de main, cela leur permet de ressentir différemment l'équilibre. Le cheval les berce, les calme et leur donne de nouvelles sensations. Elles sont aussi plus concentrées et ont l'impression de maîtriser quelque chose » confie leur éducateur, Alexandre Fustec. De son point de vue, les chevaux et les poneys sont gentils avec les enfants et les personnes handicapées, même si l'on n'est jamais à l'abri d'un accident. « Les filles savent qu'elles peuvent circuler sans danger dans les écuries. Mais elles savent aussi qu'elles peuvent tomber de leur selle si elles ne suivent pas les consignes. C'est déjà arrivé, mais sans gravité. Elles sont surprises, et après elles font attention » dit-il. L'équitation est pour les résidentes un loisir à part entière, au même titre que la piscine, le bricolage ou les balades. Cette activité ne rentre pas dans le champ de l'équithérapie car le cheval n'est pas utilisé pour aider à soigner les problèmes psychiques.

Outre les personnes handicapées, un public fidèle depuis l'ouverture, le centre équestre reçoit des enfants du secteur de Landivisiau, ainsi que des adultes, dont beaucoup montent sur le tard. Matthieu Violleau juge les Bretons fortement motivés par la pratique du cheval. « Nous accueillons beaucoup de femmes, âgées de 20-25 ans, propriétaires de leur animal. Elles veulent être mieux armées pour faire de la compétition » explique-t-il. D'autres clients des Ecuries de Kerrous viennent le soir, pour se détendre, ou pour apprendre à maîtriser l'animal pour la balade. En tout, 150 personnes fréquentent le centre équestre chaque semaine. Les cavaliers qui s'inscrivent pour de l'initiation n'ont pas de cheval attitré. « C'est bien qu'ils tournent car chaque animal a un caractère différent. C'est à chacun de s'adapter pour en tirer le maximum » affirme Marianne Breton. Aux personnes tentées par l'équitation mais qui ont peur de monter sur un cheval, la jeune femme se veut rassurante. « Il faut le caresser, lui parler car il sait quand la personne a peur. Pour l'impressionner, le cheval va faire tout un cinéma ou se mettre au fond du box. Le cavalier doit se placer au niveau de son corps pour ne pas qu'il puisse le toucher avec ses membres postérieurs ».

Entretenir un cheptel coûte cher, à commencer par l'alimentation de l'animal. Viennent ensuite l'amortissement du matériel et les soins. A moins de onze euros le cours collectif d'une heure, les tarifs pratiqués par les Ecuries de Kerrous se veulent compétitifs. La pratique du cheval n'est donc pas réservée à un public aisé comme on l'a longtemps supposé. L'équitation est synonyme de contact avec la nature et avec nos racines rurales, et ce sport olympique, le troisième pratiqué en France, donne vraiment aux enfants la possibilité de prendre des responsabilités, lorsqu'il faut préparer sa monture par exemple. Il les oblige aussi à bien se comporter en groupe et à développer leurs capacités psychomotrices. Le Finistère compte une centaine de clubs, soit un pour trois communes. Un million de personnes pratique l'équitation en France.

 

Contact : Ecuries de Kerrous, Kerrous, 29400 Bodilis. Tél : 02 98 24 65 30 ou 06 25 39 75 72.

Internet : http://ecurie-de-kerrous.skyrock.com/.

La liste des centres équestres finistériens est affichée sur le site de la fédération française d'équitation (www.ffe.com)

 

Christophe Pluchon

 

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