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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 13:33
Il est rare encore aujourd'hui que l'on montre dans des musées les oeuvres réalisées au siècle dernier par des femmes peintres... La conservatrice du musée de Pont-Aven Estelle Guille des Buttes-Fresneau et son équipe ont pris le parti d'exposer Emma Herland (1855-1947), bretonne d'adoption par son père pharmacien de marine, et qui n'aura de cesse de s'intéresser aux populations rurale et côtière du sud-Finistère.

Emma Herland se distingue d'abord par son style académique, qui pourra par les techniques employées et les lieux représentés rappeler le travail de son contemporain Alfred Guillou. Elle apporte ensuite un autre regard sur la condition des femmes et des enfants. « Ce qui frappe, c'est la fréquence des oeuvres qui les mettent en scène. C'est sans toute parce qu'elle est elle-même une femme » analyse Estelle Guille des Buttes-Fresneau.
« La leçon de morale » témoigne justement du rapport parfois conflictuel entre deux générations, où deux paysannes en tenue de travail s'expliquent sur le bord d'un chemin. « La jeune fille baisse les yeux avec respect et écoute ce qu'on lui dit ».
Le milieu aisé dans lequel évolue Emma Herland lui donne les conditions matérielles pour devenir peintre. Ses parents l'autorisent à côtoyer les ateliers des maîtres comme Georges-Alexandre Fischer et Jules Lefevre. Et si elle suit des cours à la célèbre académie Jullian à Paris, elle ne fréquente pas les écoles de beaux-arts, car celles-ci sont interdites aux femmes jusqu'au début du XXè siècle.
Dès 1879, Emma Herland parvient à vivre de sa peinture. « Grâce aux salons, elle bénéficie de nombreuses commandes, poursuit Estelle Guille des Buttes-Fresneau. Le musée de Laval lui achète une huile sur toile, inspirée de Pêcheurs d'Islande de Pierre Loti. La mairie de Paimpol, dirigée par son frère entre 1910 et 1913, acquiert également trois décors ».
Emma Herland reste fidèle à son style jusqu'à la fin de sa vie. C'est sans toute cela qui explique que la quasi-totalité de ses oeuvres, peintures et pastels, soit simplement signée mais jamais datée. L'intérêt pour son travail décline portant dans l'entre-deux guerres. « A ce moment-là, la peinture vit une rupture et les artistes de facture plus académique ont plus de mal à s'imposer sur les cimaises » explique la conservatrice du musée de Pont-Aven.

L'exposition « Emma Herland, une femme en Bretagne » est visible jusqu'au 1er juin. Le musée de Pont-Aven est ouvert tous les jours de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30 (en février et mars jusqu'à 18h). Renseignements au 02 98 06 14 43 et sur le site internet (www.pontaven.fr)

Christophe Pluchon

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