






Quand il avait fait paraître « la cocaïne des tourbières »,
l'écrivain quimpérois s'était juré de ne plus écrire sur l'Irlande. Sa passion pour l'île verte et pour ses habitants a encore une fois été la plus forte.
Hervé Jaouen visite régulièrement l'Irlande et c'est sans doute pour y
retourner encore plus souvent, avec les mots, qu'il s'attache à se remémorer des situations vécues et à les coucher sur papier. Son univers n'a pas changé. Dans « Suite irlandaise », il
est toujours cet infatigable pêcheur de truite qui aime aller à la rencontre des gens dans les pubs, « lieux de conversations et d'anecdotes ». Mais ce livre marque aussi la fin d'une
ère, en témoigne la fermeture de Cushlough House, un B & B où Hervé Jaouen et son épouse Annie ont séjourné de nombreuses fois depuis 1981. L'auteur apporte aussi un regard critique sur
« l'Irlande de la croissance », et traite de la question de l'identité chez les jeunes générations. Un lecteur qui insistait auprès d'Hervé Jaouen pour qu'il ouvre un nouveau carnet de
voyage avait eu cette phrase : « C'est comme dans un couple, les deux prennent des rides et de nouvelles manies en même temps. Ca n'empêche pas d'être heureux ensemble ». La formule a
fait tilt dans la tête du « plus irlandais des écrivains bretons »
« Suite irlandaise », d'Hervé Jaouen, est publié aux Presses de la
Cité (21 €).
Christophe Pluchon
Lire aussi : le portrait d'Hervé Jaouen.



