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24 novembre 2005 4 24 /11 /novembre /2005 15:54

Les arobases sont à une ville, ce que les étoiles sont aux restaurants réputés : elles récompensent les efforts faits par la collectivité pour favoriser l'appropriation de l'internet par les citoyens. Le réseau Villes Internet fédère des élus locaux, des agents administratifs et des acteurs associatifs. Depuis 1999, son jury décerne aux communes méritantes, de une à cinq @. Le Conquet se distingue avec une @, tandis que Quimper et la Forêt-Fouesnant en arborent deux. La collectivité brestoise, qui était quasiment en haut de l'affiche avec quatre arobases, en a perdu une à l'issue des délibérations, le 3 novembre.

Le groupe « citoyenneté et nouvelles technologies », piloté par l'adjoint au maire Michel Briand, s'est dit « à moitié surpris » par cette décision. « En retirant une @ à Brest, Villes-Internet fait le choix d'une orientation qui l'éloigne de ses objectifs initiaux autour de l'internet citoyen » regrette l'élu. Car si Brest n'a jamais été une ville cinq arobases, c'est parce que « l'innovation y est locale, plutôt autour de l'appropriation sociale, que de l'e-administration, des pratiques coopératives plutôt que d'un projet d'ensemble » explique le groupe de rédacteurs d'@-brest, site initié par la mairie et qui vise à favoriser la participation des acteurs du multimédia autour de ce thème.

« Nous tenterons, dans la mesure du possible, d'élargir notre champ d'évaluation dès l'année prochaine, pour estimer l'ensemble des usages à la portée des citoyens, c'est-à-dire les initiatives locales en dehors de celles des mairies » explique Florence Durand-Tornare, fondatrice de l'association Villes Internet. Elle justifie le choix du jury (mais dont elle ne faisait pas partie cette année : « on constate, dit-elle, que la collectivité brestoise n'a que peu, ou pas évolué dans le déploiement d'usages de l'internet pour les habitants. Et qu'elle ne suit pas le mouvement des soixante nouvelles collectivités participant au label 2005 qui tirent le niveau vers le haut. Le paradoxe, c'est que les nouvelles venues sont performantes, parce qu'elles capitalisent sur le travail des pionnières comme Brest ! Le jury s'est attardé sur son cas, mais la maintenir à son niveau de 2004 imposait de relever celui de plus de quinze autres villes ».

Pour être éligible au label Villes Internet, les communes candidates doivent remplir un questionnaire. Les brestois voudraient que l'on rende publiques les déclarations des villes, que les acteurs locaux soient autorisés à donner leur avis, et que l'on porte à la connaissance de chacun les poids respectifs de l'e-administration, de l'appropriation sociale et de la démarche participative dans les critères de sélection. « Brest, c'est ce tissu de centaines d'acteurs qui, avec la ville, s'impliquent au quotidien, c'est une richesse humaine que beaucoup de communes nous envient » soutient Michel Briand. L'aventure a véritablement commencé en 1997, à son initiative, avec la mise en place des PAPI, points d'accès publics à internet. Aujourd'hui, on en dénombre 63, dans les maisons pour tous, les bibliothèques et les lieux associatifs. La collectivité, reconnaît l'élu, travaille maintenant beaucoup plus sur les usages et les contenus, plutôt que sur l'accès. Cette année, elle a sorti une deuxième mouture du bureau Free Eos (un CD Rom qui regroupe des logiciels libres pour Windows). Elle a aussi développé une politique en matière de contenus ouverts (licence Creative Commons).


Liens :

Villes Internet : www.villes-internet.net/

@-Brest : http://a-brest.net/article1918.html


Christophe Pluchon

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